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ICTjournal février 2019

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16 Le conseil d’Etat

16 Le conseil d’Etat vaudois compte sur les citoyens, les institutions et les acteurs économiques du canton pour s’emparer de la transformation digitale et il le fait savoir à travers un document sobrement intitulé Stratégie numérique et publié le 29 novembre dernier. Avec ce livret découpé en cinq chapitres (données, infrastructure et sécurité, accompagnement des personnes, accompagnement des entreprises et gouvernance), le gouvernement cantonal refuse de voir son rôle réduit «à la mise en place d’une cyberadministration.» En quête de souveraineté et pour ne pas «confier [son] avenir à des multinationales», le conseil d’Etat exprime sa volonté de «profiter des nouvelles opportunités» mais aussi de «réguler pour éviter les dérives (notamment de l’ubérisation).» Soit. Mais concrètement? Open data et mobilité numérique Un crédit d’étude de 395000 francs a été sollicité pour «poser les fondements» d’une «politique publique de la donnée basée sur les principes de souveraineté et de sécurité.» En clair, l’Etat de Vaud souhaite se mettre à l’open data. Une cartographie des data centers du canton et la sensibilisation de la population, des entreprises et de l’Administration «aux bonnes pratiques et aux risques» sont ses deux autres priorités pour 2019. Côté infrastructures, l’accent est mis sur «une mobilité numérique efficace et intégrée.» Cet axe se déclinera sous la forme de multiples applications visant à faciliter la multimodalité, l’Etat se portant garant du bon usage qui sera fait des données des voyageurs. Dans ce cadre «une plateforme d’intégration de l’innovation» sera créée au sein de la Direction générale de la mobilité et des routes (DGMR). Soucieux du fossé qui pourrait se creuser entre des populations très numérisées et d’autres qui n’auraient pas accès aux nouvelles technologies, le gouvernement vaudois s’attachera à ce que ses actions soient inclusives. C’est l’un des enjeux principaux du volet «Accompagnement des personnes» de cette stratégie. Pour éviter l’apparition de cette fracture, le canton met le paquet sur l’éducation avec des projets pilotes déjà en cours dans 15 établissements pilotes (primaire, secondaire et enseignement spécialisé) pour tester différentes formes d’éducaactuel numérisation Les 5 chantiers numériques du canton de Vaud Le conseil d’Etat vaudois veut faire du canton un «territoire de la donnée», tout en luttant contre une éventuelle «fracture numérique.» Il a présenté une stratégie en cinq volets ouvrant de nombreux chantiers, de l’éducation à la compétitivité, de la sécurité à la gouvernance. Charles Foucault-Dumas Présidente du Conseil d’Etat, Nuria Gorrite a présenté la Stratégie numérique du canton de Vaud en compagnie de Cesla Amarelle, cheffe du DFJC et de Philippe Leuba, chef du DEIS. Photo: ARC Sieber tion numérique. Les hautes écoles et le milieu académique sont également mis à contribution pour que le plus grand nombre arrive dans la vie active en maîtrisant «les trois piliers» que sont la science informatique, l’usage des outils numériques et l’éducation aux médias. Collaboration avec les autres cantons Les milieux économiques ne seront pas pour autant délaissés. En effet le canton souhaite mettre à disposition des entreprises à la fois des données de l’Etat et des infrastructures numériques sécurisées, et ce dès 2019. Le lancement d’un programme d’impulsion pour des projets collaboratifs et innovants en lien avec la transition numérique est aussi envisagé. Enfin, sur le dernier sujet qui est celui de la gouvernance, Vaud se tournera vers la Confédération, les autres cantons et les communes, pour mettre en place des actions concertées, avec notamment l’objectif «d’intégrer les nouveaux modes d’interactions avec la population et les entreprises que permet le numérique.» En premier lieu, le conseil d’Etat siégeant à Lausanne constituera une «Conférence latine des directeurs cantonaux du numérique», qui regroupera les responsables de la transformation digitale des différents cantons romands. Février 2019 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

Le bâtiment des Bastions de l’Université de Genève illuminé à l’occasion du Colloque Wright pour la science 2016 consacré au génome. Image: © UNIGE Jacques Erard 17 Comment l’Université de Genève va se transformer Création d’une chaire en machine learning, mise en place d’un centre pour la science de données et développement des infrastructures informatiques pour la recherche… l’Université de Genève (UNIGE) attaque sa transformation numérique sous tous les angles. Yannick Chavanne L’Université de Genève prévoit de créer deux nouvelles chaires dont l’une dédiée au Machine Learning. Une chaire en humanités numériques est aussi au programme, pour laquelle un poste professoral rattaché directement au Décanat va être ouvert. Il s’agit là de deux projets parmi plus d’une trentaine listés dans le plan d’action de la stratégie numérique de la vénérable institution genevoise. L’UNIGE prévoit aussi de mettre sur pied un cours transversal sur le numérique qui englobera autant les aspects techniques, sociaux, éthiques, culturels, économiques et légaux des technologies numériques. Il est en outre prévu de prodiguer aux chercheurs des formations pour «l’utilisation de logiciels de super calcul, l’implémentation de nouvelles méthodes et d’algorithmes ou encore sur les approches de visualisation des données.» Centres de compétences La création de plusieurs centres et pôles vise également à soutenir la transformation numérique de l’université genevoise, en s’adressant à la fois aux étudiants, aux collaborateurs et aux chercheurs. Le futur centre pour la science des données constituera ainsi un réseau d’experts internes en apprentissage automatique et en intelligence artificielle, précise le plan d’action. En outre, un pôle d’innovation numérique aura pour mission de coordonner et fédérer des initiatives telles que la création d’un atelier d’innovation pour étudiants. Ce pôle ambitionne aussi de jouer le rôle d’accélérateur pour des projets sur lesquels chercheurs, responsables de services informatiques et étudiants travaillent afin de développer de nouveaux services. Outils, plateformes et infrastructures La transformation numérique de l’UNIGE passera aussi par le développement et la mise à disposition d’infrastructures et de différents outils. L’institution souhaite ainsi augmenter la capacité des infrastructures informatiques actuelles à disposition des chercheurs. Ces ressources seront mutualisées dans le cadre de coopérations avec d’autres institutions académiques de l’arc lémanique. L’Université de Genève a aussi pour projet de développer une plateforme web sur laquelle étudiants et employés pourront tester leurs compétences numériques et pallier d’éventuelles lacunes en consultant des vidéos. Enfin, l’UNIGE n’oublie pas le volet sensible de la cybersécurité. Le plan d’action mentionne la nécessité de développer sur ce point les compétences des usagers. Mais aussi de «déployer des logiciels d’antivirus de nouvelle génération basés sur l’intelligence artificielle et de faire évoluer l’architecture du réseau informatique pour mieux pouvoir le sécuriser.» Aucun calendrier ni détail concernant leur financement n’accompagne pour l’heure cette liste de projets. Rappelons que cette transition numérique sera pilotée par Antoine Geissbuhler, futur vice-recteur et chef du service de cybersanté et télémédecine des Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). L’université compte aussi développer les compétences des usagers en matière de cybersécurité. www.ictjournal.ch © netzmedien ag Février 2019