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ICTjournal février 2019

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34 assurances Selon EY,

34 assurances Selon EY, les assureurs suisses n’innovent pas suffisamment Une étude d’EY fait observer que les efforts d’innovation des assurances en Suisse sont insuffisants. Le cabinet de conseil les incite à cannibaliser leur propre modèle d’activités traditionnel en le transformant de fond en comble. Yannick Chavanne Le «garage de l’innovation» de Generali Suisse accueille plusieurs start-up. «En matière d’innovation, les assureurs de Suisse restent plutôt sur la défensive, mettant ainsi en jeu l’avenir de la Suisse en tant que haut lieu du secteur de l’assurance», déclare ainsi Yamin Gröninger, Insurance Business Development Leader chez EY Suisse. Menée auprès de 15 dirigeants de compagnies d’assurance du marché suisse, la quatrième édition de l’étude «Dying, Surviving or Thriving» révèle notamment que même si les compagnies établies commencent à se préoccuper des thématiques de l’orientation client, de la numérisation et de l’innovation, les efforts qu’elles fournissent actuellement seront insuffisants en vue de répondre aux attentes croissantes des clients et des exigences technologiques. L’innovation porte au-delà des produits et prestations L’étude d’EY montre que le secteur suisse des assurances manifeste tout de même une prise de conscience de la nécessité d’innover. Différentes initiatives sont mises en place, entres autres via l’ouverture de labs et de centres dédiés à l’innovation et à la collaboration avec des start-up. Comme chez Generali Suisse, qui a mis en place un «garage de l’innovation», ou Groupe Mutuel avec son programme d’accélération InnoPeaks (interview ci-contre). Toutefois, selon EY, les efforts des assureurs suisses porteraient avant tout sur les produits et les prestations de service, alors qu’il conviendrait d’innover en n’hésitant pas à cannibaliser son propre modèle d’activités traditionnel, en le transformant de fond en comble. C’est-à-dire en repensant la manière de proposer sa protection d’assurance, sa façon d’aborder les clients et son approche pour l’organisation et l’évolution de ses collaborateurs. Nicolas Loeillot, Chief Innovation Officer du Groupe Mutuel, confie à ICTjournal: «Nous sommes totalement en ligne avec cette vision et la stratégie de Groupe Mutuel dépasse son métier traditionnel.» Egalement contacté, Jan Ellerbrock, Chief Transformation Officer de Vaudoise Assurances, estime que l’étude d’EY reflète très bien les défis stratégiques auxquels les acteurs suisses du secteur des assurances sont confrontés. Jan Ellerbock apporte toutefois une nuance: «Il vaut toutefois la peine de relever que l’expérience a montré que les clients des assurances, et avec eux l’ensemble du marché, ont traditionnellement réagi très lentement à de nouvelles propositions à valeur ajoutée.» «Les clients des assurances réagissent très lentement à de nouvelles propositions à valeur ajoutée.» Jan Ellerbrock, Chief Transformation Officer de Vaudoise Assurances Changer la culture d’entreprise et la fonction de l’IT EY observe par ailleurs que faute d’aborder l’innovation dans le cadre d’un processus global de transformation de leur modèle d’affaires, les assureurs peinent trop souvent à déployer leurs innovations à l’échelle de l’entreprise et voient leurs collaborateurs les plus talentueux les délaisser. Pour éviter ce phénomène, «les assureurs doivent réorienter leur environnement de travail de A à Z» et créer une culture adaptée à des collaborateurs différents et pourvus du sens de l’innovation, explique EY. En outre, l’étude souligne que les systèmes informatiques hérités entravent le développement d’une infrastructure à la pointe, alors qu’il conviendrait de faire passer l’IT d’une fonction d’assistance périphérique à une compétence clé. Février 2019 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

assurances interview 35 «Notre choix s’est porté sur des start-up déjà assez mûres» Onze start-up ont été sélectionnées au premier programme d’accélération InnoPeaks du Groupe Mutuel. Pour en savoir plus, notre rédaction a demandé à Nicolas Loeillot, Chief Innovation Officer de l’entreprise, comment se déroule la co-innovation avec les équipes métiers. Interview: Yannick Chavanne Suisse, mais aussi Canada, Espagne, France ou encore Russie… les onze start-up du premier programme d’accélération d’InnoPeaks viennent des quatre coins du monde. Comment s’est fait ce choix? InnoPeaks n’a pas pour vocation de faire la promotion des start-up locales mais de trouver des solutions à des problèmes locaux. La taille du pays limite forcément le nombre de start-up en mesure d’offrir les solutions adéquates. S’il le faut, nous irons en chercher en Chine. Notre choix s’est aussi porté sur des start-up déjà assez mûres, nos collaborateurs n’étant pas nécessairement familiarisés avec le monde de l’innovation. La maturité des startup choisies nous permet aussi de leur donner plus facilement un accès au marché suisse. Pour les participants, il s’agit là d’un des points forts du programme. L’objectif de cette plateforme d’open-innovation est aussi d’accélérer vos capacités d’innovation en interne. Comment prend forme la collaboration entre les start-up et les équipes? L’intérêt des équipes métiers du Groupe Mutuel pour les start-up n’allant pas de soi, nous avons mis en place le Nicolas Loeillot, Chief Innovation Officer du Groupe Mutuel. concept de «Red Box». Il s’agit pour les jeunes entrepreneurs de sortir de leurs pitchs habituels qui s’adressent aux clients, investisseurs ou partenaires pour les réorienter en fonction des besoins organisationnels et opérationnels du Groupe Mutuel. Les responsables métiers sont ensuite en mesure de mieux juger si les idées proposées sont intéressantes et réalisables. Si c’est le cas, elles seront déclinées dans un premier temps sous forme de proof-of-concept puis éventuellement intégrées à notre roadmap. La démarche de co-innovation permet aussi de faire apparaître parfois des synergies possibles entre les solutions des start-up et des outils dont nous disposons déjà. Il est par exemple apparu que les services thérapeutiques en ligne de la start-up nord-américaine Mendability pourraient être enrichis avec les chatbots que nous allons déployer. Les jeunes pousses sélectionnées développent-elles toutes des solutions a priori utiles pour le Groupe Mutuel? Certaines travaillent sur des technologies qui paraissent très éloignées de notre cœur de business aujourd’hui, mais présentent un fort potentiel pour le futur. A l’image de Swiss Vault, active dans le data management. Leur solution réduit considérablement l’empreinte carbone du stockage de données et peut s’avérer utile aux activités de notre Data Lab, qui vise à créer de nouveaux services en puisant dans 25 ans de données d’assurance santé. Nous pourrions à l’avenir combiner cette masse d’informations avec des données tierces, pharmaceutiques ou génétiques, pour faire de la prédiction et de la prévention. AdvAIsor développe une technologie que nous pourrions également exploiter en interne. Cette start-up de Zurich met au point une technologie basée sur l’IA pour identifier le niveau de satisfaction au sein d’une entreprise en analysant le ton des e-mails rédigés par les employés. De quoi savoir si l’ambiance est bonne ou mauvaise au sein de l’entreprise dans son ensemble ou dans un département en particulier. Mais aussi d’identifier les goulots d’étranglement dans les processus de communication interne. La collaboration initiée avec cette start-up est aussi intéressante car leur mode d’organisation, très agile, force nos équipes à s’adapter à un rythme de travail plus rapide. « Certaines start-up travaillent sur des technologies qui présentent un fort potentiel pour le futur.» Nicolas Loeillot, Chief Innovation Officer du Groupe Mutuel www.ictjournal.ch © netzmedien ag Février 2019