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ICTjournal fevrier 2020

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18 Table ronde au Geneva

18 Table ronde au Geneva Blockchain Congress 2020: Olaf Wilhelm (Therawis), Christian Lovis (HUG), Rodolphe Meyer (HUG), Gilbert Verdian (Quant Network), Ruth Amos (Praktische Informatik). La blockchain dans la santé crée le débat et inspire les start-up Le deuxième Geneva Blockchain Congress a abordé les challenges de l’adoption de la blockchain dans le secteur de la santé. Un créneau sur lequel misent les start-up suisses. A l’instar de la genevoise Wecan, qui collabore avec les HUG, et des zurichoises Xatena et Modum. Yannick Chavanne La blockchain est déjà utilisée en Estonie pour sécuriser les dossiers électroniques des patients. Les applications et services basés sur la blockchain ont du potentiel pour les écosystèmes de santé. Mais leur déploiement et leur adoption font face à un certain nombre de challenges évoqués fin janvier à Genève, à l’occasion d’une série de tables rondes organisées au Geneva Blockchain Congress. La blockchain est déjà utilisée en Estonie pour sécuriser les dossiers électroniques des patients et fournir à ces derniers le moyen de contrôler les autorisations d’accès à leurs données de santé. Une possibilité qui permet entre autres de gérer en toute transparence les conditions de mise à disposition de ces données pour les start-up, chercheurs et hôpitaux. Mettre en place une telle plateforme blockchain ailleurs qu’en Estonie semble pour l’heure compliqué, notamment à cause du manque de communication et de vision commune des différentes parties prenantes. Christian Lovis, Chef de service des Sciences de l’information médicale aux HUG, a fait remarquer que sans identifiant unique et standardisé pour chaque patient, interconnecter et organiser les différentes sources de données s’avère épineux. En outre, pour que tous les acteurs de la santé comprennent les avantages d’une solution blockchain et l’adoptent, des directives top-down de la part d’une autorité sont nécessaires. Une vision utopique dans le cadre du fédéralisme helvétique. Du côté technique, les challenges ne sont pas tant le développement que le besoin de devoir traiter des données hétérogènes, aussi bien structurées que non structurées. De l’avis de Rodolphe Meyer, CIO adjoint aux HUG, la blockchain se fera d’abord une place dans les hôpitaux avec des solutions ciblant des problématiques plus spécifiques. Les HUG mènent ainsi un projet pilote avec la start-up genevoise Wecan pour développer une plateforme de gestion et de coordination des intervenants dans les blocs opératoires. La blockchain au service de la traçabilité des actes chirurgicaux Interrogé par ICTjournal, Vincent Pignon, fondateur et CEO de Wecan, explique mettre au point avec les HUG une plateforme blockchain de traçabilité des actes chirurgicaux. L’idée est d’enregistrer qui accomplit quel acte – des internes aux chirurgiens émérites – et d’évaluer ces interventions. Au bloc opératoire, ces informations permettront d’optimiser la coordination des tâches entre spécialistes selon le suivi, via la blockchain, de leur ni- Vincent Pignon, fondateur et CEO de la start-up genevoise Wecan. Février 2020 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

lockchain 19 Andreas Heizmann, CEO et cofondateur de Xatena. (MDR). En quoi l’infrastructure de Xatena, basée sur Hyperledger, se différencie-t-elle d’autres solutions blockchain pour supply chain? Mise au point en collaboration avec plusieurs hôpitaux en Suisse alémanique, elle soustend des transactions conformes à la norme GS1 spécifique au secteur de la santé, souligne Andreas Heizmann. Qui ajoute que son équipe compte désormais travailler sur la connexion de différents composants au module central d’échange de données (EDI) déjà développé. Dont l’intégration de systèmes ERP, de services de paiement, de données IoT ou encore de plateformes de master data management. veau d’expérience et de compétences. Ce projet se veut interopérable afin de suivre les interventions chirurgicales à travers différentes catégories d’établissements hospitaliers, à la fois privés et publics. «Quand ils sont appelés pour une opération urgente, il arrive souvent que les spécialistes ne se connaissent pas. Cette solution va augmenter l’efficience des opérations, car tous les intervenants pourront tout de suite accéder au profil et à l’historique des autres», explique le CEO de Wecan. Dans un deuxième temps, cette même plateforme blockchain pourrait servir de base à un service proposé aux patients. Lesquels pourront eux-mêmes organiser leurs opérations en accédant à une app fournissant des données fiables et immuables sur le profil de chaque spécialiste. Xatena optimise l’approvisionnement des dispositifs médicaux Basée à Zurich, la start-up Xatena a développé une infrastructure blockchain pour optimiser la supply chain dans le domaine médical. Andreas Heizmann, CEO et cofondateur de la jeune pousse, précise à la rédaction que la solution se focalise plus précisément sur la distribution et l’approvisionnement d’implants et de dispositifs médicaux consommables. C’est-à-dire non pas les équipements lourds (IRM, scanners, radiologie, etc.) mais les seringues, les cathéters... En somme, tous les dispositifs pouvant être appliqués sur ou dans le corps du patient et pour lesquels une traçabilité garantissant la qualité et la fiabilité du produit s’avère cruciale. Aujourd’hui, l’échange de données informatisé entre établissements hospitaliers et fournisseurs, passant par différents intermédiaires, ne permet pas de suivi en toute transparence. «Notre solution blockchain permet de se passer des intermédiaires en permet un processus de commande direct entre hôpitaux et fournisseurs», explique le jeune directeur de Xatena. Le suivi des dispositifs médicaux à chaque étape de la supply chain est aujourd’hui possible grâce à au numéro d’identification unique rendu obligatoire par le nouveau règlement européen sur les dispositifs médicaux Monitorer l’envoi de médicaments thermosensibles Fondé en 2016, Modum exploite technologies IoT et blockchain pour proposer un outil de monitoring de la température des colis durant leur envoi. Depuis ses débuts, la start-up basée à Zurich cible en particulier le secteur pharmaceutique à qui sa solution promet de garantir que la température des médicaments au cours de livraison est conforme aux exigences réglementaires. Modum noue rapidement un partenariat avec La Poste Suisse pour développer un service de «Thermomonitoring» pour le géant jaune. Lancée au printemps 2019, cette offre s’adresse tout particulièrement aux expéditeurs de médicaments. En faisant appel à la solution de Modum, l’expéditeur joint au colis un capteur qui mesure la température durant tout le transport. Lorsque le facteur scanne l’envoi lors de la distribution, les données sont automatiquement lues et transmises à l’expéditeur. Ce dernier contrôle et surveille ses envois via un tableau de bord et si la température est trop élevée ou trop faible, il est automatiquement alerté et peut décider de la suite de la procédure. Modum a conscience que sa technologie a de quoi intéresser d’autres secteurs. La start-up cherche ainsi à se positionner dans la distribution de dispositifs médicaux. Les solutions de Modum et de Xatena paraissent a priori complémentaires et une collaboration entre les deux start-up zurichoises n’aurait, selon nous, rien de surprenant. Simon Dössegger, CEO de Modum. www.ictjournal.ch © netzmedien ag Février 2020