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ICTjournal juillet-août 2018

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24 wearables Les montres

24 wearables Les montres intelligentes dominent le marché des wearables Les smartwatches concurrencent-elles les montres non-connectées ou les bracelets de fitness? Selon les chiffres et l’analyse d’IDC, c’est plutôt la seconde hypothèse: le marché des wearables monte en gamme et Apple en profite. Rodolphe Koller Grâce à sa large gamme d’appareils, Huawei a vu ses ventes de wearables bondir de 147% en un an. Selon IDC, les smartwatches représenteront 35% du marché des wearables en 2018 et 45% en 2022. Les utilisateurs de wearables se tournent de plus en plus vers des appareils offrant davantage de fonctionnalités, en particulier les montres intelligentes. C’est la principale conclusion que tire IDC de l’évolution du marché des wearables. Les ventes d’appareils basiques ont reculé de 9,2% sur un an, alors que les appareils intelligents plus chers, comme ceux d’Apple, de Fitbit et d’autres marques de mode ont augmenté de 28,4%. «Avec ce déplacement vers des appareils plus intelligents, nous voyons dans quelle direction le marché des wearables se dirige, explique Jitesh Ubrani, analyste senior chez IDC. Grâce à des senseurs additionnels, à des années de données et à des algorithmes améliorés, les piliers de l’industrie que sont Fitbit et Apple sont en mesure d’aider à identifier des maladies ou des problèmes de santé. En même temps, un tiers des appareils intégrant désormais une connectivité cellulaire, de nouveaux cas d’utilisation ont émergé.» Apple en tête, forte progression de Huawei Résultats de cette transition vers des appareils plus intelligents, Apple domine désormais le marché des wearables avec 4 millions de smartwatches écoulées au premier trimestre 2018, devant Xiaomi (3,7 mio) et Fitbit (2,2 mio). La plus forte progression est enregistrée par Huawei qui a vendu 1,3 million d’appareils au Q1 contre 500 000 un an plus tôt. Selon IDC, ce résultat s’explique par la large gamme d’appareils proposés par Huawei, avec des montres intelligentes, des montres pour enfants, des trackers de fitness et même des wearables auditifs. A quel marché appartiennent les montres connectées? L’impact des smartwatches sur le marché des montres continue de faire débat. En Suisse en particulier, vu la croissance plus faible des exportations de montres d’entrée de gamme (+5,1% sur un an pour les montres de moins de 200 francs, contre +15,6% pour celles de plus de 3000 francs). Les chiffres et l’analyse d’IDC suggèrent toutefois que les montres connectées font davantage concurrence aux autres appareils wearables, à commencer par les bracelets de fitness basiques. Jean Daniel Pasche, président de la Fédération horlogère, estime que les smartwatches sont un marché distinct de celui des montres non-connectées. «C’est un marché (les smartwatches, ndlr) que l’on ne peut plus ignorer. Mais la relation entre ce marché et le nôtre n’est pas directe», confiait-il récemment dans un entretien accordé au quotidien Le Temps. juilletaoût 2018 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

wearables 25 Zoom sur le développement de la smartwatch Hublot Les arbitres de la Coupe du monde de football en Russie ont au poignet une montre connectée conçue par Hublot. Un projet mené par Frédéric Pannatier, CIO de la marque horlogère, qui relate le développement de cette smartwatch limitée à 2018 pièces. Yannick Chavanne «La FIFA nous a demandé si nous pouvions mettre au point une montre pour les arbitres regroupant fonctions de chronométrage et goal-line technology. La solution d’une smartwatch paraissait évidente», raconte à la rédaction Frédéric Pannatier. Chief Information Officer chez Hublot, il a supervisé, conjointement avec la direction produit, le développement du modèle «Big Bang Referee 2018 FIFA World Cup Russia», reposant sur l’OS Google Wear et première montre connectée de la marque horlogère de luxe basée à Nyon. En parallèle aux exemplaires délivrés aux arbitres de la Coupe du monde de football, Hublot a confectionné 2018 unités commerciales ciblant les passionnés de ballon rond et vendues au prix de 4’900 francs. Une série limitée qui s’est rapidement écoulée, se réjouit Frédéric Pannatier. La smartwatch Hublot pour les arbitres combine fonctions de chronométrage et goal-line technology. Applications dédiées pour les arbitres et les fans En plus de bénéficier de l’écosystème d’applications Android pour smartwatch, le modèle pour les fans embarque un mode dédié à la compétition et affiche en temps-réel des informations sur les matchs d’équipes sélectionnées par l’utilisateur: compte à rebours avant le coup d’envoi, goals, cartons, changements de joueurs, etc. La montre de la FIFA fabriquée par Hublot propose en outre un choix de 32 cadrans aux couleurs des pays participants et deux cadrans neutres (affichage analogique ou digital). Les montres connectées des arbitres comprennent en plus une application adaptée à leur rôle, qui intègre une fonction de synchronisation Bluetooth avec un capteur connecté par radiofréquence aux systèmes de la goal-line technology. Contraintes techniques et besoins utilisateurs Evoquant les challenges techniques propres au développement de la montre pour arbitres, le responsable informatique mentionne notamment la contrainte de devoir s’adapter à des taux de luminosité maximum. Ou celle de ne pas pouvoir réattribuer la fonction du bouton principal: «Nous avons ainsi dû programmer des processus pour que l’application d’arbitrage se réaffiche automatiquement en cas d’erreur de manipulation.» En collaboration avec ses partenaires et fournisseurs, Hublot a patiemment travaillé sur l’UX du produit. Pour s’adapter à leurs besoins, des arbitres ont pour ce faire régulièrement été consultés sur une période d’environ un an et demi. «Il a par exemple été nécessaire de trouver des compromis entre le fait d’assurer une bonne lisibilité, permettre une manipulation aisée, tout en garantissant une autonomie suffisante», souligne Frédéric Pannatier. Synergies avec TAG Heuer Compte tenu des synergies possibles entre les marques du groupe LVMH, Hublot a pu bénéficier de l’expérience de TAG Heuer qui avait déjà établi une relation mature avec Intel et Google. Le CIO ajoute: «Sans cette synergie, il aurait été difficilement viable de créer notre montre connectée, qui est une série limitée. Cette particularité illustre les freins actuels dans la confection de smartwatches de luxe. Je ne crois pas à la solution de créer un nouvel OS dédié à l’horlogerie suisse. Mais pour que ce marché se développe dans le bon sens sur le secteur du très haut de gamme, il s’agira de pouvoir mieux concilier la vision des marques, portée sur l’exclusivité, avec la stratégie antagoniste des fabricants d’OS comme Google.» « Je ne crois pas à la solution de créer un nouvel OS dédié à l’horlogerie suisse.» Frédéric Pannatier, CIO chez Hublot www.ictjournal.ch © netzmedien ag juilletaoût 2018