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ICTjournal juillet-août 2018

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28 privacy études Les

28 privacy études Les clients veulent à la fois personnalisation et privacy Selon des études de Salesforce et Accenture, les consommateurs ne rechignent pas à partager leurs données personnelles en échange de services plus personnalisés. A condition de le faire en connaissance de cause et d’avoir le contrôle sur leurs données. Yannick Chavanne Une nette majorité de clients sont d’accord de partager leurs données en échange d’une relation personnalisée et contextualisée avec les marques. C’est l’un des renseignements que fournit la seconde édition du rapport «State of the Connected Customer» de Salesforce. Lequel indique que les consommateurs attendent notamment de cet échange de données de pouvoir profiter de connexions entre l’expérience online et offline, de recevoir des offres de rabais personnalisées ou encore de bénéficier de processus de commande simplifiés. Le rapport de Salesforce montre toutefois que les clients ne sont pas dupes quant aux risques d’un tel partage. Ainsi, près de deux personnes sur trois ont conscience que LES CLIENTS FONT PEU CONFIANCE AUX ENTREPRISES CONCERNANT LE TRAITEMENT DE LEURS DONNÉES Pourcentage de clients qui sont d’accord avec les points suivants: Tous les clients Consommateurs Clients business leurs informations personnelles pourraient être vulnérables à une faille de cybersécurité. Et plus de la moitié n’accorde plus leur confiance aux entreprises concernant le traitement de leurs données. La transparence au cœur de la relation de la confiance Le défi pour les entreprises et les marques est donc de savoir gagner la confiance des clients en matière de protection des données. Un objectif qui peut être atteint en faisant preuve de transparence et en donnant le contrôle de leurs données aux utilisateurs. Les résultats d’une étude récente menée par Accenture (sondage «Personalization Pulse Check») vont dans le même sens, en indiquant que quand les individus perçoivent le mode de communication d’une entreprise comme trop intrusive, c’est le plus souvent dû à l’utilisation d’informations qu’ils n’avaient pas transmises en connaissance de cause. Je crois que mes informations personnelles sont vulnérables à une faille de sécurité Je ne suis pas à l’aise avec la façon dont les entreprises utilisent mes informations personnelles et commerciales Je ne sais pas comment les entreprises utilisent mes données Source: State of the Connected Customer 2018, Salesforce 34 % 60 % 63 % 50 % 57 % 62 % 48 % 45 % 50 % CAPTEURS DE SANTÉ: LE COMPORTEMENT PARADOXAL DES SUISSES Les Suisses ont une attitude ambiguë face aux problématiques de protection des données personnelles. Un constat issu d’une étude récente publiée par l’assurance maladie Sanitas. Tandis qu’ils voient plutôt d’un mauvais œil les entreprises qui fondent leur business sur la récolte de données numériques, environ la moitié des citoyens helvétiques utilisent malgré tout fréquemment des smartphones ou autres appareils connectés pour enregistrer activités et états de forme (tendance à l’automesure ou «quantified-self»). L’étude de Sanitas montre toutefois que plus de deux tiers des adeptes de l’automesure manifestent une certaine crainte vis-à-vis de l’exploitation de leurs données et désactivent parfois certaines fonctions, notamment la géolocalisation, le stockage automatique des données dans le cloud et l’accès à leurs contacts. L’étude montre en revanche que quand il s’agit d’un service quotidien considéré comme particulièrement utile, tels que les moteurs de recherche web, les craintes relatives à la protection des données sont reléguées au second plan. juilletaoût 2018 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

privacy interview 29 Une app suisse pour prendre le contrôle sur ses données L’app suisse One.Thing.Less surfe sur la vague du RGPD en permettant aux particuliers de prendre le contrôle de l’utilisation qui est faite de leurs données personnelles par une soixantaine de grandes entreprises. Les précisions du fondateur et CEO James Aschberger. Interview: Yannick Chavanne A l’occasion de l’entrée en vigueur du RGPD, la start-up suisse One.Thing.Less a lancé son app mobile qui permet à tout un chacun de prendre le contrôle de l’utilisation qui est faite de leurs données. Développée en collaboration avec l’agence digitale Liip, l’app permet de sélectionner des entreprises qui recevront alors une requête avec sept questions sur leur utilisation de données d’utilisateurs. Une fois les réponses attendues fournies, l’utilisateur peut procéder à une deuxième étape de requêtes automatisées s’il souhaite demander des changements sur le traitement de ses données. James Aschberger, fondateur et CEO de la jeune pousse, revient ici sur le concept et le lancement de l’application. Expliquez-nous l’intérêt de l’application One. Thing.Less? Alors qu’avec le RGPD, les entreprises sont obnubilées par la nécessité de se conformer au règlement, finalement peu se mettent à la place des utilisateurs. Notre application m’apparaît en ce sens unique car orientée en direction des consommateurs, qui disposent ainsi d’un outil gratuit et simple pour prendre le contrôle de l’utilisation qui est faite de leurs données. Les sept questions types que l’app envoie aux entreprises au nom des utilisateurs suffisent à couvrir les éléments clés du RGPD. Pour imaginer ces questions et gérer la dimension légale de nos services, nous avons la chance de pouvoir nous reposer sur un spécialiste en la matière. Avocat de l’étude zurichoise Lenz & Staehelin, Lukas Morscher est le viceprésident de notre start-up et apporte des connaissances précieuses sur la façon dont les grandes entreprises gèrent les problématiques liées aux régulations en matière de protection de données. Quelles entreprises peuvent déjà être contactées via l’app? L’app liste des grandes entreprises qui selon nous ont d’importantes responsabilités vis-à-vis des données qu’elles traitent et qui tiennent un rôle prégnant dans le quotidien des consommateurs. A son lancement, l’app permettait déjà d’envoyer des requêtes à une soixantaine de sociétés. Dont Adidas, Airbnb, Amazon, Booking.com, Easyjet, IKEA, Netflix, Samsung, Spotify ou encore Zalando. Nous avons l’intention d’offrir la possibilité de contacter certaines des plus grandes entreprises de technologie via One.Thing.Less.Je tiens à préciser qu’on ne se considère pas comme des activistes en lutte contre les entreprises. Au contraire, notre vision consiste à les aider à gagner la confiance des consommateurs. L’idée est donc aussi que notre plateforme se profile comme un service aux entreprises. Qu’est-ce que les entreprises auraient à gagner à passer par votre plateforme? Pour être conformes au RGPD, les entreprises doivent trouver un moyen de répondre rapidement aux requêtes liées aux données personnelles et une partie de cette procédure est automatisable. Nous souhaitons également proposer des API se connectant aux bases de données pour générer des réponses automatiques. Une semblable automatisation pourra aussi être mise en place à l’aide d’API créées par les firmes. Les entreprises auront un avantage compétitif en termes de réputation, parce que faire appel à notre service les assurera que les utilisateurs recevront les informations souhaitées en moins de 15 minutes. «Nous voulons aider les entreprises à gagner la confiance des consommateurs» James Aschberger, fondateur et CEO, One.Thing.Less www.ictjournal.ch © netzmedien ag juilletaoût 2018