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ICTjournal juillet-août 2018

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30 innovation Cette

30 innovation Cette start-up qui veut miner du bitcoin dans les Alpes Swiss Alps Energy confectionne des containers préfabriqués, équipés de matériel optimisé pour un minage plus écologique des cryptomonnaies. Ces installations pourront se louer en échange de tokens générés lors d’une ICO. Yannick Chavanne La start-up Swiss Alps Energy (SAE) a imaginé Swiss Alps Mining (SAM), un ensemble de solutions matérielles et logicielles qui promet de résoudre les problèmes environnementaux associés aux activités de minage des cryptomonnaies. Le terme «minage» se réfère ici aux intenses calculs cryptographiques nécessaires à la création des «coins» et aux validations de toutes les transactions opérées sur le réseau blockchain sur lequel une cryptomonnaie se fonde. Reposant sur l’utilisation de processeurs graphiques (GPU) et de puces ASIC, le minage est une opération extrêmement énergivore, et ce toujours davantage à mesure que la chaîne de blocs des transactions se rallonge. Des containers de minage pour bâtiments alpins Basé dans le canton de Zoug, SAE confectionne des installations préfabriquées à même de réduire la consommation d’énergie du minage en tirant profit des conditions climatiques des Alpes suisses. «Des conditions de température naturelles idéales permettent de refroidir facilement les installations de minage, ce qui entraîne une réduction de la consommation d’énergie jusqu’à 30%», précise la firme sur son blog. Les Alpes se profilent aussi Les conditions de température des Alpes sont idéales pour refroidir facilement les installations de minage. La start-up Swiss Alps Energy va installer ses «cubes de minage» dans les Alpes. comme un lieu adéquat pour SAE, grâce aux possibilités d’approvisionnement en énergie hydraulique. La start-up a l’intention d’installer ses «cubes de minage» (SAM cubes) dans des locaux, bâtiments, mayens et chalets d’alpage vides (selon la firme, il existerait dans les montagnes suisses plus de 400000 bâtiments adaptés à ses installations). Les cubes en question se présentent comme des containers en aluminium, modulaires et rapides à monter, dotés d’un système de ventilation. Ces structures abritent des puces de minage ASIC et des processeurs graphiques. Un premier modèle de cube élaboré par SAE (long de 4 mètres, pour une largeur et hauteur de 2 mètres) est ainsi équipé de 50 puces ASIC et de plusieurs stations de minage GPU, de quoi virtuellement forger, aux conditions actuelles, environ 115 Ethers et 19 Bitcoins par an, précise la start-up suisse. Capteurs IoT et récupération d’énergie Dotés de capteurs IoT, les cubes Swiss Alps Mining se connectent à une plateforme de monitoring et de gestion, qui paramètre chaque installation afin d’optimiser le minage pour un profit maximal, assure la firme. En plus d’être équipés d’unités de ventilation, les cubes abriteront un système ORC (machine à cycle organique de Rankine). Ces systèmes, qui transforment la chaleur résiduelle en vapeur, permettront de récupérer la chaleur dégagée lors du processus de minage cryptographique afin de produire de l’électricité. La start-up compte là encore tirer profit de l’environnement alpin: les cubes SAM étant situés à une altitude élevée, le point d’ébullition de l’eau est dès lors plus bas, ce qui optimise ce processus. SAE va mettre des cubes en location (des structures entières mais aussi des unités de minage discrètes au sein des cubes). L’achat de l’énergie nécessaire au minage et la location des cubes se feront avec les tokens SAM générés par SAE dans le cadre de son ICO. Les transactions seront automatisées via contrats intelligents dont les paramètres d’exécution seront déterminés par les paiements et les capteurs de mesure de consommation énergétique développés par SAE. La start-up projette en outre de faire l’acquisition de petites centrales hydrauliques pour alimenter son écosystème de minage. juilletaoût 2018 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

innovation 31 Déployer un datacenter en eau profonde peut optimiser le refroidissement, dans un environnement donnant accès à des sources d’énergie renouvelable. Microsoft fait couler un datacenter… Un projet de recherche mené par Microsoft teste le concept de datacenters sous-marins, qui présente de nombreux avantages potentiels, énergétiques, mais aussi en termes de performance. Un prototype vient d’être immergé dans les eaux écossaises. Yannick Chavanne Un centre de données de Microsoft vient de couler à pic… dans le cadre d’un projet de recherche (Project Natick). La firme de Redmond a ainsi immergé son second prototype de datacenter sous-marin au large de l’archipel des Orcades en Ecosse. D’une longueur d’environ 12 mètres, la structure en forme de container cylindrique abrite 12 racks pour un total de 864 serveurs avec un système de ventilation intégré. Assemblé et testé en France puis expédié par camion vers l’Ecosse, le prototype a été déposé sur les fonds marins à l’aide d’un socle remplie de ballasts. Nombreux avantages potentiels Project Natick vise à étudier les nombreux avantages potentiels qu’un centre de données sous-marin standard pourrait apporter, notamment en termes d’économie d’énergie: le déploiement en eau profonde optimise le refroidissement, dans un environnement donnant accès à des sources d’énergie renouvelable issue par exemple des courants, des vagues, de la houle et des éoliennes marines. Le concept pourrait aussi profiter aux internautes et utilisateurs de services cloud, affirme Microsoft. Qui précise que 50% de la population mondiale vit près des côtes. Placer des centres de données sous-marins près des villes côtières optimisera la vitesse de connexion. avait conçu un prototype plus petit pour prouver la faisabilité de ce concept. L’objectif de la seconde phase consiste notamment à concrétiser le projet d’alimentation du prototype à partir d’une source d’énergie renouvelable voisine, ainsi qu’à tester la modularité des structures pour des datacenters plus grands, les containers étant pensés pour être agréger les uns aux autres. Les chercheurs comptent aussi en savoir davantage sur les gains économiques réels du concept, tout en démontrant la viabilité de l’opération au cours d’un cycle de déploiement pouvant aller jusqu’à 5 ans. D’une longueur d’environ 12 mètres, la structure en forme de container cylindrique abrite 12 racks pour un total de 864 serveurs. Des objectifs précis Lors de la première phase du Project Natick, Microsoft www.ictjournal.ch © netzmedien ag juilletaoût 2018