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ICTjournal juillet-août 2018

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21 novembre

21 novembre 2018 Hallenstadion, Zurich NOUS RECHERCHONS LES CHAMPIONS DE SUISSE DU DIGITAL Le Digital Economy Award part à la recherche des champions de l’économie digitale. L’appel d’offres s’adresse aux entreprises suisses les plus matures face au digital et à leurs projets les plus novateurs. Inscrivez-vous avant le 17 septembre! Nos catégories et labels: Digital Innovation Of The Year recherche le projet digital le plus novateur de Suisse Digital Transformation s’intéresse à la maturité digitale des entreprises Highest Digital Quality Grâce à ce label, les entreprises ont la possibilité de prouver et faire certifier leurs qualités dans six disciplines www.digitaleconomyaward.ch Organisateur: Sponsor: Partenaires Média:

innovation interview 33 «L’Open Research Data va faire avancer la science plus vite» En juillet 2017, le Conseil Fédéral invitait le Fonds national suisse (FNS) à provoquer la digitalisation à travers ses différents instruments d’encouragement de la recherche. Un an plus tard, le point avec Katharina Fromm, vice-présidente du Conseil de la recherche du FNS. Charles Foucault-Dumas Face à la volonté de digitalisation de la recherche manifestée par la Confédération l’année dernière, quels leviers pouvez-vous activer? Nous encourageons l’Open Access, le libre accès des publications, mais aussi l’Open Research Data, qui consiste au partage des données scientifiques générées par les travaux de recherche. Pour cela nous avons mis en place les plans de gestion des données (DMP): pour être financé, chaque projet soumis doit décrire comment ses données seront trouvables, accessibles, interopérables et réutilisables. Dans certaines disciplines ces banques de données existent, pour d’autres, elles doivent être créées. En Suisse ou ailleurs puisque le fondement est l’ouverture. La culture doit changer, mondialement, pour les data comme pour les publications. Le FNS a dans ce cadre signé la Déclaration de San Francisco afin que diminue le poids de la bibliométrie dans l’évaluation des chercheurs et pour que les maisons d’éditions fassent preuve de fairplay. Quel sera l’impact sur la recherche en Suisse? Les premiers projets contenant ces DMP n’ont été acceptés qu’au 1 er avril 2018. Les chercheurs nous ont présenté des solutions. Beaucoup, surtout les jeunes, comprennent que les données issues d’une recherche payée par l’argent du contribuable doivent être accessibles. L’impact le plus important proviendra de tous ces résultats jamais publiés, qui restent dans les tiroirs «pour plus tard» ou parce que «ça n’a pas marché». Les partager, c’est éviter à d’autres de refaire les mêmes erreurs ou leur donner l’opportunité de comprendre ces échecs. L’Open Research Data va faire avancer la science plus vite. Enfin, des données générées dans un domaine pourront être exploitées dans d’autres disciplines. Tout chercheur devra donc être data scientist? De nouveaux outils vont apparaître. Ils iront chercher automatiquement les bonnes données dans les bonnes bases. Restera évidemment le travail d’interprétation, d’analyse pour les chercheurs. Ils devront aussi faire preuve d’esprit critique. Ces compétences sont déjà sollicitées par les scientifiques quand ils lisent la littérature sur leur sujet. Nous ne faisons qu’élargir le champ d’application. Les chercheurs auront désormais la possibilité d’utiliser ce qu’ont fait leurs confrères, de collaborer davantage. Au-delà de ces aspects open data, qu’implique le fait que l’appel à candidature pour de nouveaux Pôles de recherche nationaux (PRN) fasse partie du plan fédéral pour le numérique? Le processus d’évaluation pour ces nouveaux PRN qui devraient démarrer début 2020 est en cours. L’idée était d’inciter les chercheurs, quel que soit leur discipline, à réfléchir à la manière dont ils pourraient intégrer la digitalisation dans leur domaine de recherche ou dans la résolution de la question qu’ils aimeraient résoudre et pour laquelle ils sollicitent un financement. Il s’agit de les pousser à porter le regard au-delà de leur domaine traditionnel, à se demander comment le Machine Learning pourrait faire avancer leur recherche par exemple. Au regard des candidatures reçues, beaucoup de scientifiques ont fait ce travail. N’est-ce pas un désavantage pour les sciences humaines et sociales, et un biais? Les projets des chercheurs de ces disciplines ont autant de chances que les autres. Ils sont à l’origine d’énormément de données: traductions, analyses législatives, résultats d’études de psychologie, sur l’enseignement… Là encore, les outils de la digitalisation agrandissent le pool de données sur lesquelles ils peuvent travailler. Si leurs travaux sont principalement des études qualitatives, cette opportunité leur permet de les mener aussi sur des données recueillies par des homologues de l’autre bout du monde et auxquelles ils n’avaient pas accès avant. Cela facilite également la validation de modèles sur divers sets de data. En Suisse, la base FORS permet déjà ces échanges de données issues de la recherche en sciences sociales. «L’idée est d’inciter les chercheurs à réfléchir à la manière dont ils pourraient intégrer la digitalisation dans leur domaine.» Katharina Fromm, vice-présidente du Conseil de la recherche du FNS www.ictjournal.ch © netzmedien ag juilletaoût 2018