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ICTjournal juillet - août 2019

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10 De nombreux

10 De nombreux fournisseurs d’accès européens ont vu leur trafic acheminé via la Chine. Image: 1xpert / Fotolia.com Problème chez Safe Host: trafic mobile dérouté vers la Chine Ooops... un problème chez le spécialiste de la colocation romand Safe Host a eu pour conséquence qu’une grande partie du trafic mobile internet européen – y compris de Swisscom – s’est trouvée déroutée vers la Chine. Rodolphe Koller «Il n’y a eu aucun impact sur les clients de Safe Host.» Faiz Tandon, responsable des ventes chez Safe Host Voilà une histoire qui témoigne de la complexité et de l’enchevêtrement des infrastructures internet globales. Jeudi dernier, une erreur d’annonce de routes chez l’hébergeur romand Safe Host a provoqué une réaction en chaîne, une partie importante du trafic internet mobile – notamment celui de Swisscom – se trouvant redirigé vers la Chine. Par effet boule de neige, des utilisateurs de WhatsApp à Dublin ont rencontré des problèmes de connexion. Que s’est-il passé? Jeudi dernier 6 juin en fin de matinée, la société de colocation Safe Host a annoncé par erreur plus de 70 000 routes (Border Gateway Protocol) à China Telecom, selon Doug Mary, directeur de l’analyse d’internet chez Oracle. Ces routes indiquent comment acheminer le trafic vers un service ou une adresse IP. Au lieu d’ignorer la fuite, China Telecom a accepté et propagé les routes aux fournisseurs d’accès (FAI) du monde entier. Pendant plusieurs heures, la voie privilégiée par les FAI pour acheminer leurs utilisateurs vers quantité de services et d’adresses passait dès lors par la Chine… Pour éviter ce genre de problème, les participants au réseau emploient en général des filtres. Sur un tweet daté de cet après-midi, Safe Host explique qu’il enquête sur les raisons de dysfonctionnement de son filtre de sortie et indique que China Telecom n’emploie aucun filtre d’entrée. Joint au téléphone, Faiz Tandon, responsable des ventes chez Safe Host, précise qu’il n’y pas eu de changement de configuration. Il ajoute qu’il n’y a eu aucun impact sur les clients de Safe Host. Les équipes de l’hébergeur romand analysent si l’origine du problème est côté hardware (qui n’est pas chinois). Impact chez Swisscom, SFR, Bouygues et même WhatsApp De nombreux fournisseurs d’accès européens ont été touchés et ont vu leur trafic acheminé via la Chine. Selon l’analyse de la cellule d’intelligence internet d’Oracle, Swisscom, le néerlandais KPN et les français Bouygues et Numericable-SFR ont été les plus fortement impactés. Avec pour conséquence des services ralentis, voire inaccessibles pour les utilisateurs, sans parler de la suspicion d’écoute qui pèse sur l’opérateur chinois. Une porteparole de Swisscom confirme le problème à notre rédaction et rappelle qu’il est recommandé de chiffrer le trafic… Des utilisateurs de WhatsApp affectés Par effet de cascade, le problème a également affecté des utilisateurs de WhatsApp à Dublin et à Las Vegas. Selon l’analyse d’Archana Kesavan de ThousandEyes, le service de messagerie fait partie des routes divulguées par Safe Host et reprises par Chine Telecom. Comme d’autres, le fournisseur d’accès américain Cogent a ainsi redirigé vers la Chine le trafic destiné à WhatsApp. Selon la spécialiste, les utilisateurs auraient souffert de disruptions de service importantes: «Une fois que le trafic est entré dans le backbone de China Telecom, nous avons constaté d’importantes pertes de paquets, peut-être en raison des politiques de filtrage agressives de la Grande Pare-feu». juilletaoût 2019 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

actuel 11 Ce qu’il faut savoir sur la libra, la cryptomonnaie de Facebook Développée par les équipes de Facebook, la cryptomonnaie libra devrait voir le jour en 2020. Basée à Genève, l’association créée pour gérer cet écosystème de services financiers a publié un livre blanc sur ce projet déjà soutenu par près de trente entreprises et organisations. Yannick Chavanne Après des mois de rumeurs, Facebook a dévoilé Libra. Cet écosystème de paiement reposant sur une blockchain dédiée sera géré par une association indépendante éponyme, basée à Genève. La libra, c’est quoi? Conçue pour permettre d’envoyer de l’argent à n’importe qui et de n’importe quel endroit à moindre coût, la cryptomonnaie libra repose sur une blockchain pour l’heure privée. Pour garantir une volatilité limitée, la libra repose entièrement sur une réserve d’actifs réels. «Divers dépôts bancaires et titres gouvernementaux à court terme seront conservés dans la réserve Libra pour chaque libra créée, afin de renforcer la confiance envers sa valeur intrinsèque», lit-on dans le livre blanc. Le code pour la blockchain est publié en open source sur Github et un premier réseau testnet est d’ores et déjà accessible aux développeurs. Pour quand, pourquoi et pour qui? Le lancement est prévu pour le premier semestre 2020. Le projet a pour objectif de devenir un écosystème libre et interopérable de services financiers. Consommateurs, développeurs ou entreprises pourront utiliser le réseau Libra, et y créer des produits et services financiers. «Les développeurs et les entreprises pourront créer des nouveaux produits financiers inclusifs destinés aux citoyens du monde entier», explique l’association, qui souligne que 1,7 milliard de personnes, soit 31% de la population adulte mondiale, sont encore privés de services bancaires. Le marché cible prioritaire de Libra est donc tout désigné. opérer des services en utilisant le réseau Libra (Calibra va lancer un portefeuille numérique en 2020). Avec cette répartition des activités, la firme souhaite aussi garantir la séparation des données sociales et des données financières. Facebook devrait continuer de jouer un rôle moteur en 2019 au sein de l’écosystème Libra, mais le pouvoir décisionnel final incombera à l’ensemble des membres de l’association éponyme. Qui sont les premiers partenaires? Les membres de l’association se composent actuellement de 27 entreprises, organisations, institutions universitaires diverses et d’origines variées. Outre Facebook avec Calibra, mentionnons les acteurs du secteur des paiements Mastercard, PayPal, Stripe et Visa. Booking.com, eBay, Lyft Spotify et Uber sont aussi de la partie et l’on peut imaginer que ces services en ligne accepteront dès que possible la libra comme moyen de paiement. Les groupes télécoms Iliad (maison-mère de Free fondée par Xavier Niel) et Vodafone sont également membres, de même que diverses sociétés blockchain et de capital risque. Aucune firme suisse n’est pour l’heure dans le coup. Calibra, la filiale fintech de Facebook, va sortir un portefeuille numérique pour utiliser la cryptomonnaie conçue par le réseau social. Prévu pour 2020, ce système de paiement et de transfert d’argent sera disponible dans Messenger, WhatsApp et via une application dédiée. Quel rôle joue Facebook? Facebook a joué un rôle clé dans la création de la blockchain Libra mais s’applique désormais à se dissocier en partie du projet. Le réseau social a pour ce faire créé la filiale Calibra, dont les rênes sont confiées au Genevois David Marcus, ex-patron de Paypal. C’est lui qui a supervisé ces derniers mois les équipes blockchain au sein de la firme de Mark Zuckerberg. Avec la création de Calibra, Facebook explique se donner la possibilité de créer et www.ictjournal.ch © netzmedien ag juilletaoût 2019