Views
2 months ago

ICTjournal juillet - août 2019

  • Text
  • Entreprises
  • Juillet
  • Ainsi
  • Netzmedien
  • Suisse
  • Plateforme
  • Utilisateurs
  • Travail
  • Chez
  • Solutions

24 société Les Suisses

24 société Les Suisses s'inquiètent du numérique, mais pas pour leur job L’attitude des Suisses sur la transformation numérique et son impact sur l’emploi est contrastée selon une enquête de Sanitas. Si une majorité s’inquiète de ce changement, la plupart des participants ne craignent pas de voir leur emploi remplacé par un robot ou un ordinateur. Steven Wagner Pour une grande majorité des sondés, l’humain est irremplaçable. VOTRE ACTIVITÉ PROFESSIONNELLE ACTUELLE POURRA-T-ELLE ÊTRE EFFECTUÉE PAR UN ORDINATEUR OU UN ROBOT DANS DIX ANS ? (EN %) Oui En partie Je ne sais pas Non Finances, droit Transport, trafic 2 Analyse, recherche, développement 12 55 56 66 1 1 45 41 21 Que pense la population suisse des conséquences de la transformation numérique et de son impact sur l’emploi? Près de 80% d’entre elle s’en inquiète, même si pour une majorité écrasante ce même progrès numérique offre de nouvelles possibilités. C’est l’un des résultats marquants de l’observatoire «Société numérique et solidarité» réalisé par l’institut de recherche sotomo pour le compte de la Fondation Sanitas Assurance Maladie. Un sondage en ligne réalisé en février 2019 auprès de 2074 adultes représentatifs de la population suisse. On constate peu de différences par rapport à la première enquête menée en 2018, malgré certains changements clairs. A la question «l’importance de la numérisation est-elle surestimée?», un tiers des personnes interrogées en 2018 ont répondu par l’affirmative. En 2019, c’est le cas pour la moitié d’entre elles. Peu de crainte d’être remplacé par un robot Qu’en est-il des menaces qui pourraient peser sur les activités professionnelles de la population suisse? La moitié des sondés estime que leur profession n’est pas menacée par un ordinateur ou un robot d’ici la prochaine décennie. Seul un infime pourcentage redoute d’être complétement supplanté par les machines. Plus pragmatiques, 38% des personnes interrogées s’imaginent voir leur travail numérisé ou robotisé en partie dans un avenir proche. Bien entendu, ces avis diffèrent sensiblement selon le domaine d’activité. Ainsi, ceux qui travaillent dans le conseil et la vente sont particulièrement nombreux à craindre un remplacement complet de leur activité. Parmi les personnes travaillant dans les métiers de la finance et du droit, près de quatre sur cinq s’imaginent voir leur activité effectuée, du moins en partie, par des machines. A l’autre extrémité du spectre, les personnes interrogées qui redoutent le moins d’être remplacées par un robot ou un ordinateur sont celles qui travaillent dans la santé, le social, l’éducation et l’enseignement. En effet, deux tiers d’entre elles sont confiantes quant au maintien du facteur humain dans leur profession. Source: observatoire «Société numérique et solidarité» 2019, Sanitas Administration, organisation 5 Conseil, vente 17 Design, communication Production, réparation, nettoyage 11 Stratégie, direction Contrôle, sécurité 3 Technique, informatique 4 Éducation, enseignement 2 Santé, social 46 51 31 42 34 35 34 31 35 2 5 2 47 48 49 53 58 61 61 64 68 Confiance dans les approches conventionnelles Au-delà du travail, la numérisation de la société bouleverse certaines pratiques. Pour nombre d’entre elles, une majorité des personnes interrogées se fient davantage à une approche conventionnelle que numérique. Et la plupart des sondés estiment que l’humain est irremplaçable. Un phénomène particulièrement marqué en ce qui concerne le diagnostic médical généré par ordinateur. Trois quarts des personnes interrogées font part de leur préférence pour un diagnostic établi par un médecin. Les voitures autonomes ne s’attirent guère plus les faveurs de la population. A l’opposé, la majorité des personnes font d’avantage confiance au dossier électronique qu’au dossier papier, une solution ardemment réclamée mais qui n’a pas encore été mise en place. Enfin, l’âge ne semble pas vraiment avoir d’influence sur le degré de confiance dans les technologies numériques. juilletaoût 2019 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

cybersanté 25 La numérisation progresse plus en hôpital qu’en cabinet Hôpitaux en tête, les acteurs de la santé numérisent et échangent de plus en plus d’informations sous forme électronique. L’exploitation du numérique dans les interactions avec les patients est en revanche poussive. Rodolphe Koller, Steven Wagner Le manque de partage d’informations entre les professionnels de la santé est un problème connu avec des effets sur la productivité et la qualité des soins. Heureusement, les choses progressent, quoique lentement, selon l’étude Swiss eHealth Barometer 2019, réalisée par GFS pour le compte d’InfoSocietyDays. Numérisation difficile dans les cabinets médicaux La numérisation est particulièrement développée dans les hôpitaux. Rappelons que ces derniers devront introduire le dossier patient électronique dès 2020. Plus de 80% des établissements hospitaliers ont une stratégie numérique et presque tous disposent de systèmes informatiques pour gérer les données des patients. La situation est plus nuancée du côté des autres acteurs de la santé. En 2019, seuls 56% des cabinets médicaux ont une solution logicielle permettant de gérer intégralement l’historique des patients, contre 46% en 2016. Un tiers d’entre eux ne sont en outre pas satisfaits de leurs systèmes qu’ils trouvent incomplets, complexes et lents. Des problèmes qui sont également relevés par le personnel hospitalier. Beaucoup d’acteurs de la santé renoncent purement et simplement à s’équiper de systèmes numériques, en raison notamment du travail de remplacement et de saisie et parce que cela implique des tâches supplémentaires qu’ils ne peuvent facturer. EVOLUTION DE LA MISE EN RÉSEAU DES CABINETS MÉDICAUX 2009 2019 Médecins de famille Spécialistes 29 % Hôpitaux/cliniques 27 % Assurances maladies 14 % 20 % Autorités sanitaires 11 % 7 % Firmes IT (télémaintenance) Laboratoire/radiologie 37 % 44% 48 % 51 % 52 % 54 % 61 % 69 % Source: Baromètre Cybersanté 2019, InfoSocietyDay (plusieurs réponses possibles). Beaucoup d’acteurs de la santé renoncent à s’équiper de systèmes numériques, en raison notamment du travail de remplacement et de saisie. Echange de données entre acteurs de la santé L’échange de données progresse également. Il est particulièrement développé chez les hôpitaux dont la plupart sont en réseau tant avec d’autres hôpitaux qu’avec les laboratoires. Mais c’est surtout l’échange de données de facturation entre hôpitaux et caisses maladie qui a progressé: 14% des établissements étaient connectés aux assureurs en 2009, alors qu’aujourd’hui c’est le cas pour 75% d’entre eux. Du côté des médecins, la mise en réseau avance également, mais à un rythme plus lent. Deux tiers des cabinets sont aujourd’hui en mesure d’échanger des données avec les laboratoires, contre moins de la moitié il y a dix ans. Services online aux patients: peut mieux faire Si la numérisation avance entre les professionnels de la santé, elle est très peu développée dans leurs interactions avec les patients – à l’exception notable des pharmaciens. Lorsque des services en ligne sont proposés, le succès est pourtant au rendez-vous. Ainsi par exemple, moins d’un cabinet sur dix permet aux patients d’accéder en ligne à leurs diagnostics, résultats de consultation et autres listes de médicaments. Quand ces fonctionnalités sont présentes, plus de la moitié des patients les emploient. Le phénomène est le même qu’il s’agisse de prise de rendez-vous chez le médecin, de possibilité de compléter les données de son dossier d’hôpital, ou de prolongation d’une ordonnance. Ces services sont prisés dans les cas où ils sont proposés… www.ictjournal.ch © netzmedien ag juilletaoût 2019