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ICTjournal mai 2020

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18 travail à distance

18 travail à distance Visioconférences: un marché en ébullition Le recours en masse au télétravail a dopé l’adoption des solutions de collaboration et des outils de visioconférence. Un marché qui a vu la concurrence s’exacerber entre les fournisseurs, spécialement avec l’arrivée au premier plan de Zoom, modeste outsider avant la crise. Yannick Chavanne Zoom a vite été pointée du doigt pour ses lacunes en matière de sécurité et de protection des données. L’éditeur n’est pas resté sourd à ces critiques et a notamment racheté la société Keybase, spécialisée dans le chiffrement, pour blinder ses visioconférences. Microsoft ne voit évidemment pas d’un très bon œil l’engouement pour Zoom. Preuve en est le contenu d’une vidéo qui a fuité sur la Toile, adressée à son réseau de revendeurs, et présentant explicitement Zoom comme une menace. Le boom du télétravail profite aux éditeurs de logiciels de visioconférence, un marché où la concurrence s’intensifie. Désormais sous les projecteurs, Zoom a vite été pointé du doigt pour ses lacunes en matière de sécurité. Avec les mesures de confinement et de distanciation sociale prises aux quatre coins de la planète, l’adoption des applications de collaboration a fait l’objet d’un boom sans précédent. Un phénomène qui a profité en particulier aux solutions intégrant nativement la visioconférence, à l’instar de Teams qui a battu tous ses records. Venu marcher sur les plates-bandes de Slack dès fin 2016, l’application collaborative de Microsoft a passé la barre des 44 millions d’utilisateurs quotidien. En passant au télétravail, ces derniers ont employé deux fois plus la vidéo lors des réunions virtuelles qu’avant la crise du Covid-19. Le boom des meetings virtuels a aussi profité à Google. Début avril, l’utilisation de sa solution Meet était 25 fois plus élevée qu’en janvier. Zoom s’est fait un nom Avec la demande qui explose, les solutions de visioconférence jusqu’ici les plus populaires sont en quelque sorte entrées dans une période de vérité, les utilisateurs jugeant au quotidien de leur qualité et de leurs points faibles. Un phénomène qui a profité à Zoom, l’app de meeting virtuel qui s’est fait un nom durant ce confinement. Revers de la médaille: désormais sous les projecteurs, Les outsiders veulent leur part du gâteau Face au succès de Zoom et de Teams, Google a réagi fin avril en rendant Meet (jusque-là réservé aux entreprises) accessible au grand public. Souhaitant également sa part du gâteau, Facebook a lancé sa propre solution, Messenger Rooms. Les éditeurs plus modeste à l’échelle mondiale tente aussi de surfer sur la vague. C’est le cas du genevois Infomaniak, qui a rapidement dégainé une solution de vidéoconférence gratuite, en mettant en avant ses serveurs basés en Suisse et l’argument de la protection des données. Basée sur le logiciel open source Jitsi Meet, Infomaniak Meet fonctionne avec les navigateurs courants tels que Google Chrome ou Firefox, mais partiellement sur Safari (la vidéo n’y est pas supportée). L’utilisation sur un ordinateur de bureau ne nécessite ni compte ni installation d’un programme tiers. Logitech profite aussi de la hausse du télétravail Par ailleurs, le boom du télétravail ne profite pas qu’aux éditeurs de logiciels mais aussi aux fabricants de dispositifs de communication. La firme suisse Logitech a ainsi vu ses recettes augmenter de 7% pour atteindre 2,98 milliards de dollars durant le dernier exercice financier. Les ventes de solutions de visioconférence ont augmenté de 60% (de 69,3 à 110,7 millions de dollars de recettes) et de 32% pour les webcams PC (de 30,4 à 40,2 millions de dollars). Le CEO de Logitech Bracken Darrell est convaincu que les chiffres continueront de rester élevés: «La visioconférence, le télétravail, la création et la diffusion de contenu ainsi que les jeux vidéo sont des tendances à long terme qui stimulent notre activité.» mai - juin 2020 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

travail à distance 19 Productivité et télétravail: les Suisses sont partagés Au pic de la crise sanitaire, près de la moitié des actifs en Suisses travaillaient à domicile. Selon un sondage de Deloitte, 40% d’entre eux estiment que leur productivité a augmenté. Et la moitié des sondés prédit qu’elle aura encore recours au télétravail après la crise. Yannick Chavanne Avec la crise sanitaire, davantage de Suisses expérimentent le télétravail. Et beaucoup l’apprécient. Selon une nouvelle enquête de Deloitte conduite auprès de 1500 personnes actives en Suisse, près de la moitié d’entre elles travaillaient à domicile à la mi-avril. Dont près d’un tiers à 100%. Avant la crise du Covid-19, une personne sur cinq exerçait son activité à la maison au moins une fois par semaine. Plus ou moins productif? Si l’on en croit les résultats de Deloitte, les entreprises ne doivent pas nécessairement craindre une baisse de la productivité de leurs employés qui accomplissent leurs tâches à distance. Toutefois, un gain de productivité général n’est pas à espérer non plus. Les Suisses sont en effet divisés quant à leur degré d’efficacité depuis leur home office. 41% des sondés pensent y être plus productifs, un quart estime le contraire, tandis qu’un tiers ne constate aucune différence. «Nous devons interpréter ces résultats dans le contexte de la crise de pandémie qui sévit actuellement. Bon nombre de personnes vivent des situations extrêmes où il leur faut improviser sur leur poste de travail et assurer en même temps la garde de leurs enfants», explique Tanguy Dulac, directeur dans le domaine Human Capital Consulting chez Deloitte Suisse. s’affranchissent du lieu de travail et prennent eux-mêmes en main la gestion de leur temps», analyse Tanguy Dulac. Tout comme la question de la productivité depuis le home office, les Suisses sont partagés au sujet de l’adoption du télétravail sur le long terme. Selon 45% des sondés, il sera probablement plus fréquent qu’avant la crise (voir page 21). La moitié pense néanmoins le contraire. QUELS SONT LES PLUS GRANDS DÉFIS AUXQUELS VOUS ÊTES CONFRONTÉS EN TÉLÉTRAVAIL? (3 RÉPONSES MAX.) Manque d’interaction personnelle Je suis trop souvent dérangé (enfants, famille, etc.) Santé mentale et physique (sentiment d’être isolé, manque de sens du travail, etc.) Mon travail n'est que partiellement adapté au télétravail Je ne dispose pas d’un espace ou d’un bureau adéquat à domicile 8% 11% 11% 17% 23% Quels défis? Outre le fait d’être trop dérangés par leurs enfants, les Suisses sont confrontés à un certain nombre d’autres défis en travaillant à distance. Près d’une personne sur quatre confie que les interactions avec les collègues leur manquent. Le sentiment d’être isolé ou de ne pas disposer d’un espace adapté sont parfois des freins. A noter que contrairement aux spécialistes de la sécurité IT, peu d’employés s’inquiètent de la protection des données. Je m’inquiète de la cybersécurité et de la protection des données Manque d’infrastructure pour travailler à domicile (pas de laptop, mauvais WiFi, pas de VPN, etc.) Management de mes collaborateurs Je n’apprécie pas le télétravail 7% 7% 6% 6% Et ensuite? «La crise actuelle est un terrain d’expérimentation grandeur nature: on s’aperçoit très vite de ce qui marche et de ce qui ne marche pas avec le télétravail. La flexibilisation gagnée à marche forcée concernant le lieu et les horaires de travail a des effets positifs car les employés Je manque des connaissances et capacités pour travailler 3% virtuellement 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 Source: Deloitte 2020 www.ictjournal.ch © netzmedien ag mai - juin 2020