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ICTjournal octobre 2019

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32 banques étude Les

32 banques étude Les banques suisses se numérisent mais innovent peu En matière de numérisation, les banques suisses privilégient la transformation des processus existants, indique une enquête de la Banque nationale suisse (BNS). L’intelligence artificielle, le cloud et la blockchain suscitent peu l’intérêt des banques. Yannick Chavanne Les banques de taille moyenne à grande misent avant tout sur leurs propres innovations. Les banques suisses ne comptent pas rester les bras croisés face à l’impact de la numérisation et de la fintech sur leurs activités. Sur un marché de plus en plus concurrentiel et qui voit apparaître de nouveau acteurs (firmes tech, néo-banques), les banques affûtent leur stratégie de numérisation, selon une récente enquête de la Banque nationale suisse (BNS). STRATÉGIE DE NUMÉRISATION DES BANQUES SUISSES Note: Aucune des 34 banques qui ont participé à l’enquête n’a répondu vouloir se transformer en entreprise fintech/banque numérique. Stratégie double: numérisation et transformation Pas de changement Numérisation accrue des domaines existants 35 % 9 % 56 % Source: Banque nationale suisse 2019 Davantage d’investissements dans les domaines d’activité existants A l’image de Credit Suisse qui compte investir plusieurs centaines de millions de francs dans le numérique, les banques suisses veulent accélérer la numérisation et la transformation de leur modèle d’affaires aussi bien pour réduire les coûts que pour rester attractives. Dans cette optique, la plupart des 34 établissements qui ont participé à l’enquête ont commencé à numériser des processus existants (trafic des paiements, les prêts hypothécaires, processus internes). Un peu plus de la moitié s’engage en parallèle dans le développement de nouvelles offres calquées sur les produits et prestations des nouveaux acteurs du marché (application de paiement, plateformes de financement ou de prêt participatif, robot-conseil). Les banques investissent toutefois sensiblement plus dans les domaines d’activité existants que dans la création d’offres inédites. Pour soutenir leur stratégie de numérisation, les banques misent surtout sur certaines technologies innovantes: biométrie, robotique et automatisation, big data. L’intelligence artificielle, le cloud, et la blockchain suscitent en revanche moins d’intérêt. Les grandes banques misent sur leurs propres innovations La stratégie de numérisation varie en fonction de la taille des établissements. Ainsi, les banques de taille moyenne à grande misent surtout sur leurs propres innovations et solutions. Elles cherchent aussi des collaborations avec des fintechs. De leur côté, les petites banques comptent moins sur leurs propres innovations et privilégient l’outsourcing et les coopérations avec divers acteurs du marché. Les banques de taille moyenne à grande sont les plus ambitieuses en matière de numérisation des prêts hypo thécaires aux ménages, un domaine qu’elles entendent numériser presque complètement. Une ambition que ne partagent pas les petites banques. En revanche, concernant les dépôts et le trafic des paiements, les banques de toutes tailles veulent numériser ces processus de bout en bout. La numérisation de ces différents processus a déjà cours, en particulier au sein des banques moyennes et grandes. Les objectifs de numérisation sont loin d’être atteints Dans l’ensemble, l’étude montre toutefois que le degré de numérisation actuel est encore éloigné des objectifs visés. «La collaboration entre banques et avec les entreprises fintech pourrait être ici un moyen pour obtenir la masse critique nécessaire aux investissements en matière d’innovation numérique», analyse la BNS. Sans quoi les banques pourraient subir l’évolution du marché et le changement progressif des préférences des clients, la BNS estimant probable de voir les nouveaux acteurs pénétrer davantage le marché suisse et modifier le fonctionnement de l’intermédiation financière, jusqu’ici dominée par les banques. Octobre 2019 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

anques transformation 33 Credit Suisse met le turbo pour numériser sa banque de détail Pour répondre aux changements du marché et séduire une clientèle jeune, Credit Suisse va investir plusieurs centaines de millions de francs dans la numérisation de sa banque de détail en Suisse. La direction de l’entité réorganisée est confiée à son responsable IT & opérations. Rodolphe Koller Credit Suisse compte transformer le modèle commercial de sa banque de détail en Suisse. L’établissement va réorganiser cette activité et investir dans le numérique tant pour simplifier l’accès à ses produits standard que pour développer des offres de conseil intelligent. La banque souhaite ainsi répondre aux évolutions de l’environnement économique – concurrence, pression sur les marges – et séduire la clientèle jeune. Un segment courtisé par les néo-banques (N26 et Revolut en Europe, Zak et Neon en Suisse) qui misent sur une offre entièrement numérique ultra-simple et des tarifs attractifs. «Nous ne pouvons nous en tenir à un statu quo, d’autant que nous sommes convaincus qu’à l’avenir l’élément déterminant du succès à long terme ne sera pas le plus grand réseau de succursales, mais la meilleure offre numérique, alliée à un conseil disponible quels que soient l’heure et le lieu, et à une qualité du service irréprochable», explique Thomas Gottstein, CEO de Credit Suisse (Suisse). Une banque de détail plus numérique Depuis le 1 er septembre, Credit Suisse a ainsi créé un secteur d’activité «Direct banking» qui couvre aussi bien le marché des particuliers que celui des PME, soit quelque 60000 clients. L’établissement compte leur offrir un accès simplifié et plus rapide à ses produits et services en développant les possibilités d’interaction numérique et en étendant la disponibilité de ses centres d’appel. Les détails de la nouvelle offre devraient être dévoilés au premier semestre 2020. Credit Suisse ne donne aucune information quant à l’impact de ce virage numérique sur son réseau d’agences. L’ancien chef de l’IT aux manettes Forte de 500 collaborateurs, la nouvelle entité est dirigée par Mario Crameri, jusqu’ici à la tête de l’IT et des opérations bancaires en Suisse. Ces domaines sont désormais sous la responsabilité de Kristen Renner pour l’IT (page 13) et Daniel Eggenschwiler pour les opérations. «Avec Mario Crameri, nous avons réussi à nous adjoindre les services d’un véritable professionnel au bénéfice d’une longue expérience, qui lui permettra de diriger le nouveau secteur d’activité fortement axé sur la numérisation», commente Thomas Gottstein. Conseil high-end numérisé Credit Suisse ne compte pas seulement utiliser le numérique pour simplifier les interactions avec la clientèle, l’établissement prévoit aussi de développer des solutions innovantes en matière de conseil «hightouch» tant pour les clients fortunés que pour les entreprises et institutionnels. La conception de toutes les nouvelles offres numériques reste de la responsabilité d’Anke Bridge Haux à la tête du service Digitalization & Products. Au total, Credit Suisse va investir jusqu’en 2021 «un montant en millions à trois chiffres élevé» pour la numérisation/les innovations informatiques, pour le recrutement de nouveaux collaborateurs et pour le marketing. www.ictjournal.ch © netzmedien ag Octobre 2019