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ICTjournal 03/2021

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42 innovation Google

42 innovation Google inquiète avec ses alternatives aux cookies tiers Google dévoile ses alternatives aux cookies tiers pour la publicité. Au lieu de cibler des utilisateurs individuels, la technologie FLoC propose de cibler des cohortes d’utilisateurs aux intérêts similaires calculés à partir de leur navigation web. Rodolphe Koller Pour l’Electronic Frontier Foundation (EFF), la technique FLoC est «une idée désastreuse». Au lieu de cibler des utilisateurs individuels, la technologie FLoC propose de cibler des cohortes d’utilisateurs aux intérêts similaires. Image: Joshua Earle / Unsplash.com En janvier 2020, Google annonçait la fin des cookies tiers dans son navigateur Chrome à l’horizon 2022. Ces dernières semaines a donné des détails sur le monde d’après. D’abord, la firme ne renonce pas à collecter des données sur les utilisateurs de ses propres services (Youtube par exemple) pour présenter des publicités ciblées. Ensuite, Google collabore avec la branche et développe depuis plusieurs années des techniques pour offrir aux annonceurs des alternatives aux cookies qui soient davantage respectueuses de la vie privée. Certains outils pourraient être mis prochainement sur le marché. Deux alternatives en développement Baptisée FLEDGE, une première technique permet notamment à un site d’afficher des publicités à ses visiteurs lorsqu’ils naviguent sur d’autres sites (re-targeting) en les traçant comme groupe plutôt qu’individuellement. Dénommée FLoC (Federated Learning of Cohorts), une seconde technique propose de cibler des cohortes d’individus partageant des intérêts similaires. L’approche vise à respecter la privacy «en noyant les individus dans la foule» et en traitant les données en local sur l’appareil – le principe de l’apprentissage fédéré. Sur la base de ses simulations, Google indique que cette technologie est presque aussi performante que les cookies tiers. «Nos tests de FLoC pour atteindre les audiences Google montrent que les annonceurs peuvent s’attendre à au moins 95% des conversions par dollar dépensé par rapport à la publicité basée sur les cookies», explique Chetna Bindra, responsable produit confiance et privacy chez Google. La fonctionnalité sera disponible à des fins de tests dès la prochaine version de Chrome et les annonceurs devraient pouvoir l’exploiter au deuxième trimestre. Ciblage comportemental Dans le détail, FLoC est une API s’appuyant sur un algorithme d’assignation. Tournant sur l’appareil, ce dernier attribue chaque semaine une cohorte à l’utilisateur en fonction de sa navigation internet durant la semaine écoulée. Les annonceurs peuvent ensuite cibler ces cohortes aux intérêts similaires. Afin de respecter la vie privée, Chrome veille à ce qu’un grand nombre d’utilisateurs soient présents dans chaque cohorte. La performance de l’outil repose sur l’établissement algorithmique de cohortes suffisamment homogènes pour les annonceurs et suffisamment larges pour respecter la vie privée. Pour l’Electronic Frontier Foundation (EFF), la technique FLoC «est une idée désastreuse». L’organisme réputé actif dans la défense libertés en ligne estime que cette technologie va remplacer les cookies et leur atteinte à la sphère privée par les nuisances de la publicité comportementale. L’EFF voit la technologie FLoC dessiner un monde en ligne peu attrayant: «Le comportement de chaque utilisateur le suit d’un site à l’autre comme une étiquette, impénétrable au premier regard, mais riche de sens pour les connaisseurs. Son histoire récente, distillée en quelques bits, est «démocratisée» et partagée avec les dizaines d’acteurs anonymes qui participent à servir une page web. Les utilisateurs commencent chaque interaction par une confession: voici ce que j’ai fait cette semaine, veuillez me traiter en conséquence.» L’organisme souligne par ailleurs que les sites qui connaissent leurs utilisateurs (typiquement parce qu’ils ont un login) pourront savoir à quelle cohorte ils appartiennent et connaître ainsi leurs intérêts. Ils pourraient aussi probabiliser les groupes démographiques auxquels ces mêmes utilisateurs appartiennent, ou encore déduire les sites qu’ils ont visités par reverse engineering. 03 / 2021 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

innovation 43 Les leaders du commerce agricole vont échanger sur la blockchain Covantis rko. Réunissant plusieurs leaders du secteur des matières premières agricoles, la plateforme blockchain genevoise Covantis est opérationnelle. La solution est le fruit d’une joint-venture lancée en 2019 par ADM, Bunge, Cargill, COFCO International, Louis Dreyfus Company et Viterra (ex Glencore Agriculture) . La plateforme blockchain de Covantis permettra aux entreprises fondatrices et à leurs partenaires de digitaliser les transactions liées au commerce agricole pour gagner en efficience et en information. La solution technique a été développée avec le spécialiste blockchain ConsenSys et s’appuie sur les services et technologies de Cognizant et Microsoft Azure. «Ce lancement est aussi une étape importante dans le projet numérique de LDC, qui vise à soutenir la stratégie de transformation de l’entreprise au sens large, en aidant à mener des activités commerciales et à prendre des décisions plus compétitives, plus efficaces et plus durables grâce à l’analyse des données, à l’efficacité des processus et à la transparence de la chaîne d’approvisionnement», se réjouit Guy-Laurent Arpino, CIO de LDC et représentant de la société au conseil d’administration de Covantis, qui est également membre du Digital Circle. Pour commencer, la plateforme Covantis sera exploitée pour les exportations brésiliennes en vrac, notamment de maïs et de soja. La blockchain permettra de partager des informations entre expéditeurs, négociants, et affréteurs. Chargement de matières premières agricoles sur un cargo de Louis Dreyfus Company. Le réseau de la firme romande Nym garantit plus d’anonymat qu’un VPN ych. Basée à Neuchâtel, la société Nym Technologies dévoile les détails de son ambitieux réseau de protection de la vie privée. Nym se base sur un «mixnet» qui, selon la firme, peut fournir une protection à une large gamme d’applications et de services, y compris n’importe quelle blockchain. Anonymat plus élevé qu’avec un VPN ou Tor Dans son livre blanc tout just publié, Nym Technologies définit le concept de mixnet comme un réseau de nœuds qui mélangent les paquets de donnnées. Ces nœuds sont «des routeurs de superposition qui transforment et réordonnent les messages, de telle sorte que leurs entrées ne peuvent pas être corrélées avec leurs sorties». Comparé à un VPN, le réseau de Nym présente notamment l’avantage d’offrir une protection contre une observation du trafic par le fournisseur. Ce que garantit aussi le principe de routage en oignon du réseau Tor, dont l’architecture se fonde sur plusieurs relais de nœuds. Nym Technologies explique toutefois que les propriétés d’anonymat de Tor peuvent être défaites par une entité capable de surveiller l’ensemble des nœuds d’entrée et de sortie du réseau. Le mixnet Nym promet d’assurer une confidentialité supérieure en rendant les paquets indiscernables les uns des autres, en ajoutant un trafic de couverture et en fournissant une obstruction temporelle. Le réseau décentralise ses opérations en utilisant la technologie blockchain. Le réseau Nym se présente en outre comme une infrastructure rémunérée. «N’importe qui peut rejoindre le réseau en mettant à disposition son propre serveur en tant que nœud et être rémunéré en token NYM pour avoir participé à l’effort de protection», explique la firme dans son communiqué. Ces tokens peuvent ensuite être échangés contre des certificats permettant aux utilisateurs de prouver de façon anonymisée qu’ils détiennent bien le droit d’utiliser les services. Des applications et services tiers peuvent intégrer leur système au réseau Nym afin de protéger leurs utilisateurs et préserver leur anonymat. Actuellement, un réseau de test fonctionne avec 1500 nœuds, limite qu’il est prévu de lever prochainement. www.ictjournal.ch © netzmedien ag 03 / 2021