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ICTjournal 04/2021

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32 environnement

32 environnement datacenters Les datacenters suisses gaspillent trop d’énergie En Suisse, la consommation électrique des datacenters et salles de serveurs représente 3,6% de la consommation totale, indique une étude mandatée par l’Office fédéral de l’énergie. Avec des mesures appropriées, près de la moitié de cette électricité pourrait être économisée. Yannick Chavanne Source: Office fédéral de l’énergie/SuisseEnergie, 2021 Il serait possible de réduire de 26% la consommation totale des centres de calcul à l’aide de mesures au niveau de l’informatique. La consommation des datacenters en Suisse augmente de façon modérée mais pourrait être bien moins énergivore. Voilà le principal message qui ressort des résultats d’une étude sur la consommation d’électricité et le potentiel d’efficacité énergétique des centres de calcul en Suisse, mandatée par l’Office fédéral de l’énergie. Les résultats se basent sur des données collectées en 2019, dans le cadre d’un sondage auprès des exploitants (complété par des extrapolations statistiques). 3,6% de la consommation totale d’électricité en Suisse La dernière étude sur l’énergie utilisée par des datacenters suisses concernait l’année 2013. La consommation annuelle de ces infrastructures était alors estimée à 1,7 térawattheures (TWh), soit 2,8% de la consommation totale d’électricité en Suisse. Selon le scénario moyen établi par la nouvelle étude, elle était en 2019 de 2,1 TWh (3,6%). La majeure partie de cette énergie alimente les datacenters internes des grandes entreprises, qui CONSOMMATION ANNUELLE D’ÉLECTRICITÉ (EN 2019) DES DATACENTERS ET SALLES DE SERVEURS EN SUISSE (EN GWH) Le scénario moyen correspond à une consommation d’électricité totale de 2,1 TWh, soit environ 3,6% de la consommation totale d’électricité en Suisse en 2019 (57,2 TWh). Estimation basse Datacenters de grandes entreprises Datacenters de fournisseurs de services Salles de serveurs de PME Estimation haute 200 250 700 900 960 1220 0 200 400 600 800 1000 1200 consomment davantage que les fournisseurs de centres de calcul. Les salles de serveurs des PME utilisant près de cinq fois moins d’électricité que les équipements internes des grandes entreprises. Des progrès importants ont été réalisés La hausse observée est somme toute modérée, selon les auteurs de l’étude, mais elle s’expliquerait en partie par une méthode de collecte de données différentes. Des mesures ont toutefois permis d’améliorer l’efficacité énergétique des datacenters, avant tout au sein des infrastructures des fournisseurs de services. «Au niveau de l’informatique, des progrès importants ont été réalisés, notamment au moyen de mémoires énergétiquement plus performantes (disques statique à semi-conducteurs ou solid state drives, SSD) et d’une meilleure exploitation (par un recours accru à la virtualisation), indique l’étude. Quelles mesures pour des datacenters moins voraces? En prenant les mesures adéquates, près de la moitié (46%) de l’électricité consommée par les datacenters en Suisse pourrait être économisée, estiment les auteurs de l’étude. Dont 20% en agissant au niveau des infrastructures. Par exemple, en augmentant la température des locaux abritant les systèmes, en ayant recours au refroidissement passif (free cooling), en mettant en place un système de confinement des allées froides et des allées chaudes, ou en installant un dispositif de confinement d’air pour armoire à serveurs. En outre, il serait possible de réduire de 26% la consommation totale des centres de calcul à l’aide de mesures au niveau de l’informatique: il conviendrait par exemple de passer à des mémoires flash, ainsi que de recourir à la virtualisation et à des composants énergétiquement plus efficaces. Ces mesures ont le potentiel d’atténuer une hausse irrépressible de la consommation énergétique liée à la transformation numérique. Big data, IoT, industrie 4.0 et cloud computing sont autant de domaines à même de générer un accroissement des volumes de données et de faire augmenter la demande en datacenters. L’augmentation anticipée s’explique également par la probabilité de voir les hyperscalers augmenter leur nombre d’infrastructures en Suisse. 04 / 2021 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

Image: Martin Fu / Unsplash.com Quelle empreinte carbone pour la 5G? Alors que les partisans de la 5G assurent que certaines de ses applications vont générer des économies d’énergie, un déploiement sans discernement et à large échelle devrait toutefois augmenter l’empreinte carbone du numérique, avertit le think tank The Shift Project. Yannick Chavanne La transformation numérique à l’œuvre dans la plupart des secteurs d’activité va de pair avec un accroissement notable des volumes de données. Comment limiter l’impact de ce phénomène sur la consommation énergétique et l’aligner sur les objectifs de décarbonation de nos sociétés? The Shift Project s’attèle à trouver des réponses dans la nouvelle édition de son rapport sur l’impact environnemental du numérique. Le think tank utilise le déploiement de la 5G comme «illustration grandeur nature des questions à poser explicitement pour dimensionner et piloter un système numérique pertinent basé sur des choix technologiques réfléchis et raisonnés.» Les débats entourant les effets de la 5G sur l’environnement et la santé sont vifs, notamment en Suisse, où la population serait néanmoins plus sensible aux promesses qu’aux craintes suscitées par cette technologie mobile de cinquième génération. Désormais, les opérateurs devraient d’ailleurs pouvoir la déployer sans être freinés par certains cantons adeptes du principe de précaution, tels que Genève, dont le moratoire anti-5G vient d’être invalidé. Appel au déploiement d’une «5G raisonnée» Partant du constat que les progrès technologiques permettant de réduire les besoins énergétiques des terminaux et réseau sont systématiquement compensées par l’évolution des usages, le Shift Project estime nécessaire de déployer une «5G raisonnée» en se basant notamment sur une gouvernance concertée, afin d’en encadrer les usages. Sans quoi l’augmentation des impacts de la 5G paraît inévitable. Les partisans de la technologie affirment que certaines de ses applications permettent une diminution des empreintes carbones. Cependant, selon le Haut Conseil pour le Climat (instance consultative indépendante française), le déploiement de la 5G devrait engendrer une augmentation de 18 à 44% de l’empreinte carbone du numérique à horizon 2030. Les nouveaux usages appellent de nouvelles capacités Pour encadrer le déploiement de la 5G et limiter son impact environnemental, il convient de peser le pour et le contre de chaque usage. Et d’avoir conscience que les usages qui se développent appellent de nouvelles capacités. Dans un contexte de recours accru à la visioconférence, «la 5G permettrait d’éviter la congestion du réseau 4G en zones denses, mais pose la question de l’harmonisation du déploiement pour mettre à niveau les zones peu denses, qui pourrait être très coûteuse sur le plan énergétique», notent les auteurs du rapport. La technologie mobile de cinquième génération permettrait d’assurer une connectivité homogène et fiable aux voitures autonomes. Mais cette mobilité futuriste requiert a priori des capacités d’acquisition, de traitement et de communication de données bien plus énergivores que les usages actuels. Des pratiques telles que le cloud gaming et le streaming vidéo ultra haute résolution, quant à elles, poussent les consommateurs à acheter de nouveaux smartphones à empreinte environnementale potentiellement plus importante. Le rapport du Shift Project plaide donc pour déployer la 5G avec discernement. Concernant des usages professionnels spécifiques comme la téléchirurgie et l’industrie 4.0, le déploiement se devra d’être «sélectif, limité aux zones et aux cas où il permet des usages pertinents». Le déploiement de la 5G devrait engendrer une augmentation de 18 à 44% de l’empreinte carbone du numérique à l’horizon 2030. www.ictjournal.ch © netzmedien ag 04 / 2021