ICTjournal 06/2021

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42 innovation Une

42 innovation Une plateforme d’organisation autonome décentralisée pour les Neuchâtelois ych. NEDAO ambitionne de promouvoir le potentiel de la blockchain et des contrats intelligents (smart contracts) auprès des citoyens et des entreprises du canton de Neuchâtel. Lancée formellement il y a un an et demi, cette plateforme vient d’annoncer la mise à disposition de sa version bêta. NEDAO se base sur le concept d’organisation autonome décentralisée (DAO, pour Decentralized Autonomous Organization), autrement dit une organisation dont l’ensemble du fonctionnement est codé dans une blockchain, en l’occurrence Ethereum. NEDAO fonctionne avec un système d’e-ID reposant sur la blockchain, l’identité décentralisée NEDID. Image: NEDAO Nouveaux paradigmes de gouvernance et de management La plateforme participative permettra concrètement aux résidents Neuchâtelois de proposer des projets à la DAO, ou de voter pour ceux qui seront financés par la DAO. Le tout articulé autour d’une e-ID reposant sur la blockchain, l’identité décentralisée NEDID. Smart contracts qui interagissent «NEDAO est une DAO fonctionnant sur la base d’un ensemble de smart contracts interagissant les uns avec les autres, et exécutant les actions conditionnelles permettant d’obtenir les fonctionnalités désirées. Nous aurons ainsi, par exemple, un smart contract qui ne servira qu’à la gestion des fonds d’un projet ou d’un budget bien particulier, un autre qui aura vocation de contrôler les droits d’accès de tout autre gamme ou catégorie de fonctions, ou encore un contrat dédié à la gestion d’un vote donné, et déclenchant lui-même des actions sur d’autres contrats en fonction du résultat du vote», décortique le responsable de NEDAO, Fabio Bonfiglio, dans la documentation du projet. Argus: un système blockchain pour encourager le reporting de copies pirates rko. Des chercheurs de Microsoft ont développé un concept technique pour lutter pour efficacement contre la piraterie, qui affecte les industries du cinéma, du jeu, mais aussi bien sûr du logiciel. Ils partent du constat que les campagnes de lutte contre la piraterie offrant des récompenses ne sont pas efficaces. En cause, la défiance des informateurs censés signaler des copies pirates et plus généralement les intérêts contradictoires entre propriétaires de contenus, détenteurs de licences, pirates et informateurs. Dans leur article, les chercheurs proposent de résoudre ces contradictions via un système distribué offrant de l’assurance et de la transparence aux participants, sans qu’ils aient besoin de se faire confiance. Basé sur une blockchain publique, leur concept Argus introduit plusieurs développements technologiques et cryptographiques. S’appuyant sur un filigrane cryptographique distinct présent sur chaque copie vendue, le système permet notamment de retracer et de prouver l’origine de la copie et empêche ainsi le détenteur original de rejeter la faute sur le dénonciateur. Système d’incitation inédit Les chercheurs proposent également un système d’incitation inédit grâce auquel les dénonciateurs sont récompensés pour leur promptitude à signaler une copie pirate, et qui les assure du montant et du paiement rapide de leur récompense. A cela s’ajoute que le système d’incitation est conçu de manière à pénaliser les dénonciateurs qui s’amuseraient à créer des copies et à les dénoncer à nouveau sous d’autres identités (attaque Sybil). Enfin, les chercheurs ont optimisé leurs opérations cryptographiques de sorte qu’un rapport de copie piratée équivaut environ à 14 transactions d’Ether sur la blockchain Ethereum, et non pas à des milliers. Les hypothèses de travail des chercheurs sont tout aussi intéressantes: la blockchain est digne de confiance, et les dénonciateurs n’ont d’autre motivation que l’argent… 06 / 2021 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

innovation 43 Pour déchiffrer des manuscrits de l’abbaye de Saint-Gall, cette IA observe les experts rko. Des chercheurs de l’Université américaine de Notre- Dame ont développé une méthode inédite pour améliorer la retranscription automatique de manuscrits anciens, qu’ils ont testée sur des documents en latin de la Bibliothèque de Saint-Gall datant du 9 ème siècle. L’entraînement de réseaux neuronaux à partir d’une masse de documents étiquetés n’étant pas possible vu l’expertise nécessaire, les chercheurs ont eu l’idée de collecter des données sur le travail de transcription lui-même d’un nombre réduit d’experts. «Vous pouvez obtenir de belles photos de ces documents, mais ce que nous avons entrepris de faire, c’est d’automatiser la transcription de manière à imiter la perception de la page à travers les yeux du lecteur expert et à fournir une lecture rapide et consultable du texte», explique Walter Scheirer, professeur associé à Notre-Dame. Concrètement, les chercheurs ont analysé le temps nécessaire aux transcripteurs pour saisir chacune des lignes d’un manuscrit dans un logiciel prévu à cet effet. Ils se sont ensuite servis de ce temps de réaction comme indicateur de la difficulté du passage à transcrire (caractères compliqués, qualité de l’écriture, Manuscrit en latin du 9 ème siècle. Image: St. Gallen, Stiftsbibliothek / Cod. Sang. 7 (www.e-codices.ch) / CC BY-NC 4.0 etc.). Les chercheurs ont alors employé cette valeur pour formuler une pénalité et orienter l’entraînement du réseau neuronal. En d’autres termes, l’apprentissage du réseau ne fonctionne plus de manière indifférenciée, mais hiérarchise les parties du manuscrit en fonction de leur difficulté, ce qui se traduit par un gain en performance. Artemundi et Sygnum invitent à devenir copropriétaire d’un Picasso tokenisé rko. Peinte par Picasso en 1964, la «Fille au béret» a été tokénisée. Artemundi et la crypto-banque suisse Sygnum ont émis des jetons correspondants sur une blockchain publique à hauteur des 4 millions de francs suisses estimés. Les investisseurs peuvent ainsi acquérir des parts de l’œuvre d’art pour un montant minimal de 5000 francs et les échanger sur la plateforme SygnEx. L’originalité de la démarche réside dans le fait que les acquéreurs de parts deviennent des copropriétaires légitimes de l’œuvre, car les tokens sont reconnus par la loi suisse sur les DLT (distributed ledger technology) – et aussi que l’œuvre n’est pas incendiée dans le processus… La procédure mise en place par Artemundi et Sygnum pour tokeniser des œuvres commence par une analyse de la pièce et de sa valeur et son placement dans un musée ou un lieu de stockage sécurisé. Sygnum émet ensuite des tokens pour le compte d’Artemundi assortis de certificats prouvant l’authenticité de l’œuvre. Après quoi les jetons sont mis en vente sur la plateforme de Sygnum. Pendant 5 ans, des acheteurs pourront proposer d’acquérir la totalité de l’œuvre, si leur offre est acceptée par deux tiers des détenteurs de tokens. Passé cette période, Artemundi vendra la pièce au meilleur prix et le produit de la vente sera reversé aux possesseurs de jetons. Quels atouts? Le mécanisme mis en place a pour principaux avantages de rendre le marché plus liquide et de démocratiser l’accès à des œuvres d’art réputées. Les petits investisseurs peuvent placer des montants modestes sur le marché de l’art sans en connaître les rouages. «Les objets artistiques et culturels d’intérêt universel, autrefois réservés à une élite de collectionneurs ou aux musées, peuvent désormais être détenus en toute sécurité et directement sans subir des barrières à l’entrée élevées, en matière d’informations, de connaissances, de relations et de capital», commente Javier Lumbreras, CEO d’Artemundi. www.ictjournal.ch © netzmedien ag 06 / 2021