ICTjournal avril 2020

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14 Les résultats

14 Les résultats obtenus par L’IBM Summit permettent d’identifier les composés qui peuvent combattre le virus. L'IBM Summit et l'IA d'Alibaba à l'assaut du coronavirus Pour lutter contre l’épidémie, les chercheurs ont recours aux dernières avancées IT. L’IBM Summit, le superordinateur le plus puissant au monde, a été réquisitionné aux USA, tandis qu’Alibaba a développé une IA capable de le détecter le COVID-19 en moins de 20 secondes. Steven Wagner Alors que le nombre de personnes infectées du coronavirus ne cesse d’augmenter chaque jour, les scientifiques s’organisent pour accélérer la recherche dans l’espoir de trouver un remède. Dans cette optique, IBM a mis à disposition du laboratoire gouvernemental américain de Oak Ridge son supercalculateur Summit. À l’aide du superordinateur le plus puissant au monde, les chercheurs ont effectué des simulations sur plus de 8000 composés afin de rechercher ceux le qui sont le plus susceptibles de s’amarrer sur un «pic» du coronavirus, le rendant ainsi incapable d’infecter davantage de cellules. Les résultats ont pu être obtenus en quelques jours, là où il aurait fallu attendre plusieurs mois sur des machines standards. En effet, Summit est un monstre de puissance, fort de plus de 4608 nœuds IBM Power Systems AC922, chacun équipé de deux processeurs IBM POWER9 et de six GPU Nvidia Tensorcore V100, conférant au supercalculateur une performance de pointe de 200 pétaflops. Une puissance équivalente à un million d’ordinateurs portables, selon IBM. Ce partenariat a permis d’identifier 77 composés médicamenteux à petites molécules (des médicaments et des composés naturels) qui pourraient interférer avec le processus d’infection et justifier des études plus approfondies dans la lutte contre le SARS-CoV-2, le virus responsable de la maladie COVID-19. «Nos résultats ne signifient pas que nous avons trouvé un remède ou un traitement pour le coronavirus. Nous espérons toutefois que nos résultats de calcul éclaireront les études futures et fourniront un cadre que les expérimentateurs utiliseront pour étudier plus avant ces composés», souligne Jeremy C. Smith, président de l’Université du Tennessee (UT) et directeur du Centre de biophysique moléculaire de l’UT / ORNL. Des diagnostics plus rapides avec l’IA d’Alibaba De son coté, Alibaba a annoncé que sa filiale Aliyun (Alibaba Cloud) et son institut de recherche Damo Academy ont mis au point un nouvel outil de diagnostic carburant à l’IA et capable de détecter les cas d’infections avec un taux de précision allant jusqu’à 96%. Les chercheurs de l’entreprise créée par Jack Ma il y a 20 ans ont formé leur modèle d’IA avec des données provenant de plus de 5000 cas confirmés. Là où il fallait habituellement cinq à quinze minutes pour qu’un médecin finisse d’analyser les centaines de radiographies faites par CT Scan (Computed Tomography) d’un patient, l’algorithme le fait en 20 secondes. En outre, Alibaba explique que grâce à la technologie du traitement du langage naturel (NLP) des données existantes et à l’utilisation de réseaux neuronaux convolutifs (CNN), l’IA est capable de différencier les personnes infectées par le coronavirus et celles atteintes d’une pneumonie ordinaire. Ce nouvel outil de diagnostic a été utilisé en premier lieu dans un hôpital situé dans la province du Henan, au nord de Wuhan (l’épicentre de l’épidémie) et spécialement construit pour soigner les patients infectés par le CO- VID-19. Après cette phase de test, l’outil a ensuite été déployé dans une centaine d’établissements dans les provinces les plus affectées du pays. avril 2020 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

pandémie 15 L'Asie limite la propagation grâce au suivi de la population Les gouvernements chinois et taïwanais s’appuient sur le Big Data pour tenter d’enrayer l’épidémie de coronavirus. Si Taipei utilise essentiellement l’analyse des données lors d’une visite clinique ou aux frontières, Pékin a généralisé le contrôle de la population au quotidien. Yannick Chavanne, Steven Wagner Sa proximité avec la Chine fait de Taïwan un État particulièrement exposé au Coronavirus. Seuls 130 kilomètres séparent la côte chinoise de l’île. Mais malgré cette proximité et de nombreux vols depuis l’Empire du Milieu, la propagation du nouveau coronavirus dans le petit Etat reste contenue. À l’heure de publier ces lignes, il n’y a eu qu’un seul décès à Taïwan, selon le décompte en temps réel de l’université John Hopkins. Dans un article académique publié dans le Journal of the American Medical Association (JAMA), des chercheurs indiquent que cet impact sanitaire limité s’explique par à un solide plan de prévention des pandémies mises en place lors de l’épidémie de SRAS de 2003, à grand renfort de nouvelles technologies et d’analyse Big Data. Dès le début de l’épidémie en Chine, les autorités taïwanaises ont rapidement réagi, notamment en intégrant la base de données nationale de l’assurance maladie nationale à celle de l’immigration. L’analyse de cette masse de données a ensuite été mise à profit pour générer des alertes en temps réel, lors d’une visite clinique, en fonction des antécédents de voyage et des symptômes. Tous les voyageurs en partance ou arrivant à l’aéroport de Taïwan ont désormais accès via un code QR à un formulaire de déclaration de santé online. Selon ces informations, un laissez-passer frontalier est envoyé par SMS pour accélérer l’autorisation d’immigration des personnes présentant un risque minimal. Tous les hôpitaux, cliniques et pharmacies de Taïwan ont accès via ce système aux antécédents de voyage des patients. «Étant donné la propagation continue de COVID-19 dans le monde entier, il peut être instructif pour d’autres pays de comprendre les mesures qui ont été mises en œuvre rapidement à Taïwan», notent les chercheurs. dans les provinces les plus touchées, comme le Henan. Après s’être enregistrés avec leur numéro de téléphone, les utilisateurs doivent entrer leur nom et leur numéro d’identification pour savoir s’ils ont été en contact étroit avec un concitoyen malade. Si tel est le cas, l’utilisateur est invité à rester chez lui. Quant aux données personnelles, elles sont fournies par diverses agences gouvernementales. De leur côté, Tencent et Alipay, une division d’Alibaba, ont chacun développé une solution similaire en collaboration avec le gouvernement. Les utilisateurs doivent remplir un formulaire en ligne en déclarant leurs éventuels symptômes, ainsi que leurs informations personnelles. Ils reçoivent ensuite un code QR en couleur qui indique leur état de santé. Celui-ci est déterminé par un algorithme qui se base sur trois facteurs: les antécédents de voyage, la durée du temps passé dans une zone touchée par l’épidémie et les relations avec les porteurs potentiels du virus. L’application repose également sur les données personnelles fournies par l’État. Le système, tributaire de l’honnêteté des utilisateurs, a été déployé dans certaines parties du pays, dont Shanghai, au niveau des points de contrôles dans les gares, les autoroutes et les résidences privées. Un contrôle permanent en Chine Sur le continent chinois, plusieurs moyens de détection des personnes infectées cohabitent, utilisés dans des proportions qui varient selon l’impact du coronavirus dans les différentes provinces. L’application Close Contact Detector, développée par China Electronics Technology Group Corporation (CETC), permet de contrôler les mouvements de foule et de détecter les personnes infectées Connaître les antécédents de voyages permet de réduire le taux d’infections. www.ictjournal.ch © netzmedien ag avril 2020