ICTjournal avril 2020

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34 énergie smart meters

34 énergie smart meters La blockchain peut booster la consommation locale d’énergie solaire ych. Un marché d’électricité locale basé sur la blockchain a été testé avec succès en Suisse. Mené durant un an et conclu en janvier, ce projet pilote soutenu par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) a impliqué 37 ménages d’un quartier de Walenstadt (Saint-Gall). Les foyers participants ont pu échanger de l’énergie solaire sans intermédiaire, par le biais d’une application web où ils pouvaient fixer leurs propres prix d’achat et de vente. Les transactions étaient traitées automatiquement via une blockchain privée. Cet essai pilote a été mené par des chercheurs de l’EPFZ et de l’Université de Saint-Gall. Le bilan est globalement positif. La mise à disposition de ce portail pour la gestion de l’énergie a presque doublé les achats d’électricité solaire produite localement. Les ménages impliqués dans ce projet dénommé «Quartierstrom» ont couvert 33% de leur demande d’électricité avec l’énergie solaire produite dans le quartier. Des ménages d’un quartier de Walenstadt (Saint-Gall) ont pu échanger de l’énergie solaire par le biais d’une application web basée sur la blockchain. Blockchain suffisamment robuste Au niveau technique, le bilan de l’essai pilote est satisfaisant côté software. Le système de blockchain privée s’est avéré robuste pour le nombre limité d’installations solaires du réseau testé. «Il serait possible d’augmenter la taille du système en construisant des blockchains multiples pour différents quartiers», explique Arne Meeuw (Université de Saint-Gall), en charge du développement de cette plateforme. En revanche, l’essai n’a pas été concluant côté hardware. Les chercheurs ont fait appel à des compteurs de consommation faits maison (basés sur des (Raspberry Pi), lesquels ont connus un certain nombre de défaillances. Quelles exigences de privacy pour les données des compteurs intelligents? ych. Les fournisseurs d’électricité français EDF et Engie ont été épinglés pour non-conformité au RGPD. En cause, des mesures insuffisantes en lien avec les données collectées par les compteurs d’électricité intelligents Linky. L’autorité en charge des questions de protection des données en France, la CNIL, reproche à EDF et Engie de ne pas recueillir comme il se doit auprès des particuliers leur consentement relatif à la collecte des données de consommation. En Suisse, le consentement n’est pas nécessaire dans certains cas En Suisse, Romande Energie a prévu d’équiper progressivement plus de 200 000 clients d’un compteur intelligent. Responsable de leur déploiement, Thierry Chollet assure que le groupe est très attentif à l’évolution de la législation en matière de protection des données et de la vie privée. Selon l’Ordonnance sur l’approvisionnement en électricité, les données des compteurs n’exigent pas de consentement si elles sont pseudonymisées, dans différents cas de figure. Notamment si ces données sont traitées et transmises aux acteurs autorisés à des fins de mesure, commande et réglage ou pour les systèmes tarifaires. Pour utiliser les données à des fins qui vont audelà de l’obligation du GRD (gestionnaire du réseau de distribution) de les mettre à disposition des acteurs du marché, le consentement explicite du client est nécessaire. «La forme de ce consentement n’est pour l’heure pas encore définie», précise Thierry Chollet. Concernant la durée de conservation de ces données de compteurs intelligents, l’Ordonnance fédérale sur l’approvisionnement en électricité stipule qu’elles doivent être supprimées au bout de 12 mois si elles ne sont pas déterminantes pour le décompte ou anonymisées. Romande Energie va dans un premier temps installer des compteurs intelligents fournis par la société suisse Landis & Gyr et par la slovène Iskraemeco. avril 2020 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

énergie datacenters 35 Les datacenters consommentils vraiment autant d’énergie? Une étude parue dans Science considère que, grâce à de multiples gains en efficience, la croissance du cloud et des datacenters de ces dernières années ne s’est pas directement traduite par une explosion de l’énergie consommée. Il pourrait en aller différemment à l’avenir. Rodolphe Koller On connaît l’équation: particuliers et entreprises utilisent de plus en plus de services numériques dans le cloud, lesquels reposent sur l’infrastructure de datacenters énergivores, donc l’énergie consommée par le numérique grandit à grande vitesse. Une étude qui vient de paraître dans la revue Science* contredit ce scénario jugé simpliste et propose des estimations moins pessimistes, sur la base de différents gains en efficience réalisés ces dernières années. Le patron suisse du cloud de Google Urs Hölzle s’est sans surprise dépêché de relayer une étude qui «valide nos efforts et ceux des leaders de notre industrie». Augmentation des charges compensée par une meilleure efficience Les auteurs de l’article de recherche estiment que la plupart des analyses tablant sur une explosion de l’énergie consommée par les centres de données extrapolent cette consommation «d’en haut» et négligent les progrès «d’en bas» réalisés ces dernières années. Selon leurs calculs, l’exploitation des centres de données a certes considérablement augmenté entre 2010 et 2018: 6 fois plus de workloads, 10 fois plus de trafic, 25 fois plus de stockage. Les chercheurs jugent toutefois que les gains d’efficience réalisés durant la période, compensent grandement cette augmentation. Ils estiment notamment que les progrès réalisés dans les microprocesseurs font que l’électricité consommée par un serveur a fortement diminué (4 fois moins selon leurs calculs). Ils citent aussi les gains considérables côté stockage (9 fois moins d’électricité par terabyte). Les auteurs citent enfin les effets bénéfiques de la virtualisation (augmentation des instances de calcul par serveur physique) et le déploiement de centres de données jouissant d’une meilleure efficacité énergétique (le PUE mesurant le rapport entre l’énergie utile des équipements IT et celle du datacenter dans sa totalité). Au final, les chercheurs concluent que l’augmentation des workloads est relativement décorrélée de la consommation énergétique des centres de calcul qui les hébergent. Ils estiment ainsi qu’en 2018 les datacenters ont consommé 6% d’énergie de plus qu’en 2010, alors que les workloads ont été multipliés par six durant la période. Ne pas se reposer sur ses lauriers Pour les chercheurs, ces résultats contrastent avec les prédictions d’une croissance rapide et inexorable de la demande en énergie. Ils avertissent toutefois qu’ils seraient faux de considérer qu’il en ira de même à l’avenir: «L’industrie informatique, les opérateurs de centres de données et les décideurs politiques ne peuvent pas se reposer sur leurs lauriers; des efforts diligents seront nécessaires pour gérer une éventuelle forte croissance de la demande énergétique une fois que les gains en efficience auront été pleinement exploités». Et ils rappellent que le nombre d’instance de calcul pourrait doubler au cours des trois ou quatre prochaines années. Image: Datacenter_Speicher_Cloud_buchachon / Fotolia (*) Références 1 Recalibrating global data center energy-use estimates, Science, Vol 367, Issue 6481 www.ictjournal.ch © netzmedien ag avril 2020