ICTjournal février 2018

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16 Bulle ou révolution:

16 Bulle ou révolution: la folie des ICO peut-elle durer? Image: Studio_3321 / fotolia.com Février 2018 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

crypto-économie 17 Les levées de fonds en cryptomonnaies ont été multipliées par 50 en deux ans. En 2017, les start-up de la blockchain ont trouvé cinq fois plus d’argent grâce à ces ICO que via les financements traditionnels. Mais les nombreuses fraudes et cyberattaques représentent un coûteux revers de médaille qui poussent les régulateurs à s’emparer du sujet… Etat des lieux. Charles Foucault-Dumas Les chiffres donnent le tournis: l’équivalent de près de 4,6 milliards de dollars ont été levés grâce à des Initial Coin Offerings (ICO) en 2017 contre 236 millions l’année précédente. Soit une croissance de 1847%! Si, pour les start-up, ces levées de fonds en cryptomonnaies représentent un moyen novateur de se financer, entre le tour de table traditionnel et le crowdfunding, le flou sur leur cadre juridique représente un risque pour l’investisseur que certains n’ont pas hésité à exploiter à travers des opérations frauduleuses. Ces dérives inquiètent les gouvernants comme les acteurs du secteur qui ne voudraient pas que quelques scandales fortement médiatisés ne tuent dans l’œuf ce nouveau levier de financement. En Suisse, le Secrétariat d’État aux questions financières internationales (SFI) a d’ailleurs annoncé, ce 18 janvier, la création d’un groupe de travail en vue d’adapter le cadre législatif aux ICO. L’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA), qui avait déjà appelé les entreprises souhaitant procéder à une ICO à respecter le droit suisse, prendra part à cette réflexion qui doit aboutir à un rapport d’ici la fin de l’année. Des risques à limiter Le problème réside dans la difficulté de juger de la fiabilité des jetons (tokens) émis. En effet, lors d’une ICO, les porteurs du projet en quête de financement mettent en vente des jetons contre des cryptomonnaies. Deux types de jetons existent: les «security tokens» correspondent à des actifs bien réels (comme le pétrole, gaz et les minerais rares dans le cas du «Petro» qu’a voulu créé le président du Venezuela) tandis que les «utility tokens» servent à profiter de services basés sur la blockchain et fournis par l’entreprise à l’origine de l’ICO (c’est le cas pour Kodak ou Telegram, voir encadré). Les caractéristiques de ces jetons sont définies dans un livre blanc (whitepaper) publié par les entrepreneurs en amont de leur ICO. Ils sont censés y décrire ce que permettront de faire ces tokens une fois que le service existera, mais aussi les principes qui www.ictjournal.ch © netzmedien ag Février 2018