ICTjournal février 2018

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20 legaltech Les

20 legaltech Les services juridiques peinent à prendre le virage du numérique Selon une enquête d’EY, les juristes d’entreprise suisses sont peu attentifs à l’arrivée et au potentiel de technologies numériques, comme la blockchain et l’intelligence artificielle, qui ont pourtant un impact sur leur métier. Rodolphe Koller Les services juridiques assistent plus qu’ils n’agissent face à une transformation numérique qui ne les épargnera pas. C’est en résumé, ce qui ressort de l’enquête effectuée par EY auprès de 102 juristes d’entreprises suisses de toutes tailles. Adoption lancinante La moitié des sondés s’attend ainsi à ce que la digitalisation n’ait qu’un impact mineur sur sa manière de travailler, tandis que, pour 20% des juristes, elle n’aura même aucun impact. Selon EY, les responsables sous-estiment l’apport du numérique, si l’on considère que beaucoup de cabinets juridiques et de conseil emploient déjà une grande variété d’outils numériques, notamment dans le domaine de l’automatisation de documents (analyse intelligente, génération automatisée, etc.). Seul un quart des juristes d’entreprises utilise aujourd’hui des solutions numériques et près de 40% d’entre eux ne s’y intéresse pas du tout. Pas plus qu’ils ne s’intéressent aux services numériques proposés par des fournisseurs juridiques externes, alors même que ces outils deviennent cruciaux pour rester compétitifs en termes de prix et de niveau de service. «Un changement de mentalités est nécessaire pour que les services juridiques réussissent à prendre le virage numérique. S’ils y parviennent, ces services, qui disposent souvent de ressources restreintes, pourront, à notre avis, en tirer profit», estime Oliver Blum, Managing Partner Legal Services chez EY. EMPLOYEZ-VOUS DÉJÀ DES SOLUTIONS NU- MÉRIQUES OU PRÉVOYEZ-VOUS DE LE FAIRE? Nous employons déjà ces solutions Nous avons évalué ces solutions et prévoyons de les déployer ces 12 prochains mois Nous avons évalué ces solutions mais trouvé qu’elles ne nous conviennent pas Nous évaluons actuellement ces solutions Nous avons l’intention d’évaluer ces solutions Nous ne nous y intéressons pas actuellement 38 % 12 % 8 % Source: EY General Counsel Barometer 2017 27 % 8 % 3 % Pour une majorité des juristes, la technologie blockchain n’est pas importante pour leur activité. Intelligence artificielle et blockchain Les juristes d’entreprise sont toutefois conscients de l’impact de certaines technologies sur leur métier. 43% estiment ainsi qu’il est vraisemblable que le travail humain dans les services juridiques soit remplacé par des solutions logicielles ces prochaines années. Pour une majorité d’entre eux, l’emploi de bots et d’intelligence artificielle n’a cependant pour l’heure aucun impact sur ses conditions de travail. Selon EY, dans un futur proche, la place du travail verra des solutions d’intelligence artificielle travailler aux côtés des humains, ce qui posera de nouveaux défis fondamentaux, en particulier pour les avocats spécialisés dans le droit du travail. Autre technologie au fort potentiel dans le domaine légal et règlementaire, la blockchain n’est pas non plus jugée importante par une large majorité des juristes. Un tiers estime néanmoins que cette technologie va gagner en importance ces cinq prochaines années. Février 2018 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

open banking réglementation 21 PSD2: pomme de la discorde entre banques et fintech La directive européenne PSD2 doit permettre aux fintech d’accéder de manière sûre aux données des comptes bancaires de leurs utilisateurs. Alors que les start-up suisses aimeraient voir naître une PSD2 helvétique, les établissements bancaires jugent l’initiative inutile voire néfaste. Rodolphe Koller PSD2, la directive européenne révisée sur les services de paiement est entrée en vigueur le 13 janvier 2018. la directive définit notamment l’accès aux services de paiement pour des prestataires tiers – en particulier les fintech – qui doivent pouvoir accéder sans discrimination aux comptes bancaires de leurs clients – pour autant que ces derniers les y autorisent – via une API standardisée et sécurisée fournie par les banques, que ce soit pour obtenir des informations sur le compte ou pour initier des paiements. Typiquement, une start-up pourrait proposer une app permettant à ses utilisateurs de visualiser de façon consolidée leurs divers comptes bancaires et transactions. Ce volet «open banking» de la directive a pour objet de stimuler l’innovation et la concurrence dans le domaine, tout en garantissant une sécurité élevée pour les clients. Pour les fintech, la directive PSD2 est une aubaine, car elle leur permet de développer des services périphériques sans pour autant disposer d’une licence bancaire. Les utilisateurs devraient quant à eux profiter de services bancaires innovants et inédits et ne pas avoir à se limiter à l’offre numérique de leur banque. Pour les établissements bancaires en revanche, PSD2 sonne comme une menace de désintermédiation. Avec le risque de ne plus être que des fournisseurs en coulisses, tandis que de nouveaux acteurs s’emparent de la relation client grâce à des offres numériques attractives. A leur corps défendant, les établissements bancaires suisses actifs dans l’UE devront naturellement se conformer à la directive et proposer des API d’accès aux prestataires tiers. Les fintech veulent une PSD2 suisse Rien de tout cela en Suisse, où il n’existe pour l’heure aucun projet de réglementation locale analogue à PSD2. Les fintech suisses aimeraient cependant sans surprise profiter elles aussi de ce type d’accès sur sol helvétique. «L’open banking crée un potentiel pour des innovations et la numérisation de multiples processus métiers, argumente ainsi l’association Swiss Finance Startups (SFS) dans une prise position publiée le 17 janvier. Ce potentiel peut être exploité si les banques établies en Suisse standardisent et/ou ouvrent leurs interfaces à des fournisseurs financiers te technologiques tiers et développent client fintech API API API banque A du client banque B du client des solutions avec eux.» Soulignant les bénéfices de la directive en termes d’innovation, mais aussi de protection des données et de sécurité, les jeunes pousses en appellent à une autorégulation du secteur via une large alliance réunissant tant les fintech que les banques pour définir ensemble les standards d’une «API financière». Pas nécessaire selon les banques suisses banque C du client Anticipant la pression des fintech pour une PSD2 suisse, l’Association suisse des banquiers (ASB) a expliqué en septembre dernier déjà tout le mal qu’elle pensait d’une telle directive. L’association avance trois arguments. D’abord, une telle règlementation serait inutile dans la mesure où le secteur bancaire suisse fait preuve d’innovation. Et l’ASB de donner pour exemple l’app de paiement mobile TWINT née d’une large coalition entre les banques du pays ou encore des collaborations avec certaines fintech. Deuxième argument, le danger sécuritaire d’un accès aux données de comptes par les prestataires tiers: «Une ouverture unilatérale des droits d’accès aux tiers, telle que l’exige la PSD2 au sein de l’UE, constituerait une expérimentation au détriment des clients des banques, qui créerait une confusion dangereuse et compromettrait la sécurité des données des clients.» Enfin, l’ASB estime que, davantage que de soutenir les start-up locales, PSD2 profiterait surtout aux géants de la technologie et à leur capacité phénoménale de collecte de données. Avec PSD2, une start-up pourrait proposer une app permettant à ses utilisateurs de visualiser de façon consolidée leurs divers comptes bancaires et transactions. (Source: Accenture) www.ictjournal.ch © netzmedien ag Février 2018