ICTjournal février 2018

  • Suisse
  • Blockchain
  • Netzmedien
  • Notamment
  • Solutions
  • Groupe
  • Entreprises
  • Suisses
  • Directeur
  • Projets

22 blockchain La

22 blockchain La blockchain pourrait transformer plus d’un secteur La blockchain présente un potentiel disruptif dans plus d’un secteur, à l’image des nombreux projets impliquant des entreprises suisses dans la finance et les services publics, notamment, mais aussi dans le négoce de matières premières et l’immobilier. Yannick Chavanne, Rodolphe Koller, Alba Queijo Responsable du projet de la Messeturm à Bâle, la société immobilière Swiss Prime Site teste avec sa filiale Wincasa une solution blockchain réglant la création et la dissolution des dépôts de loyer. Le boom de la technologie n’aurait rien d’un biais médiatique. Tout du moins si l’on se fie aux prédictions récentes du cabinet IDC, qui estime qu’à l'échelle globale, les investissements en solutions basées sur la blockchain doubleront en 2018. Selon IDC, la croissance va se poursuivre en tout cas jusqu’en 2021, pour atteindre des dépenses annuelles de 9,2 milliards de dollars. Des prédictions qui pourraient bien se vérifier à l’aune des nombreux projets menés actuellement dans divers secteurs pour tester le potentiel de la technologie popularisée par le Bitcoin. Secteur bancaire La blockchain et la fonctionnalité des contrats intelligents ayant trouvé ses premières applications populaires dans le domaine des transactions en cryptodevises, la technologie se prête a priori bien aux de processus financiers. Beaucoup de banques en perçoivent effectivement le potentiel, par exemple en vue de simplifier la réconciliation de données règlementaires. C’est l’objectif d’un ambitieux projet auquel collabore notamment UBS, Credit Suisse, SIX, Thomson Reuters, la banque britannique Barclays et la banque belge KBC. Dénommé «Massive Autonomous Distributed Reconciliation» à l’interne, le projet doit permettre aux institutions participantes de simplifier le contrôle de la qualité des données associées au Legal Entity Identifier (LEI). Le LEI est un code alpha-numérique à 20 caractères permettant d’identifier de façon univoque les entités juridiques impliquées dans les transactions financières, et qui apporte davantage d’efficacité et de transparence aux marchés. Il est notamment requis par les règlementations MiFID II/MiFIR dès janvier 2018. De son côté, la filiale de la banque privée genevoise Lombard Odier dévolue à la gestion d’actifs, Lombard Odier Investment Manager (IM), a mené avec succès sa première transaction basée sur la technologie blockchain. Plus exactement un processus de transaction d’obligations pour risque de catastrophes acquises auprès de Solidum Partners, groupe de conseil en investissement spécialisée dans les titres assurantiels (ILS). Solidum a initialement émis les obligations à des participants invités, en utilisant une blockchain privée. Selon Solidum, cette émission d’une valeur de 15 millions de dollars est la première de ce genre à reposer sur cette technologie. Services publics Les caractéristiques de blockchain pourraient aussi trouver des applications concrètes dans la numérisation de différents services publics. Alors que Genève teste la blockchain pour délivrer des extraits du registre du commerce, la start-up suisse Proxeus travaille à raccourcir drastiquement le processus de création d’entreprises en Suisse. Pour ce défi de numérisation du registre du commerce lancé par l’initiative Digitalswitzerland, Proxeus collabore avec IBM et Swisscom. Objectif: passer d’une démarche laborieuse (qui en Suisse nécessite environ six semaines) à un processus automatisé opéré en seulement 48 heures. Contacté par ICTjournal, le CEO Antoine Verdon a expliqué que la lenteur actuelle de la démarche Février 2018 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

lockchain 23 est notamment causée par sa nature séquentielle, ou chaque étape dépend de l’aboutissement de la précédente. «Notre prototype basé sur la blockchain permet de casser cette séquence.» Un premier prototype finalisé sera livré au mois d’avril et testé à Genève, Zoug et Zurich. La technologie blockchain pourrait aussi transformer la manière dont l’énergie sera produite et distribuée à l’avenir. Les services industriels des six villes suisses dont Genève, Lausanne et Berne en ont conscience et ont mis en place le consortium Swisspower. Objectif: identifier des applications concrètes dans le secteur de l’énergie et les mettre en œuvre, dès cette année, à travers des projets pilote. L’initiative repose sur l’infrastructure blockchain de l’Energy Web Foundation (EWF), qui entend développer des standards sur ce marché, pour assurer l’interopérabilité, réduire les coûts simplifier les déploiements technologiques grâce à des applications faciles à implémenter. Immobilier Autre exemple récent de secteur qui, en Suisse, a vu naître des expérimentations blockchain: l’immobilier. Filiale du groupe Swiss Prime Site (SPS), Wincasa a développé une application la blockchain Ethereum et des contrats intelligents. Cette première solution règle la création et la dissolution des dépôts de loyer. Un processus habituellement laborieux impliquant quatre parties et de nombreuses tâches, vérifications et autres signatures. Le nouveau mécanisme basé sur la blockchain permet aux locataires et aux propriétaires de procéder au paiement initial et au remboursement final de la garantie loyer directement entre eux. «Nous voyons cette application comme un premier pas permettant à nos clients de retirer un bénéfice concret de la technologie de registre distribué. Très bientôt, les contrats intelligents de ce type seront largement répandus», explique Urs Baumann, Responsable Sustainability & Innovation chez Swiss Prime Site. La blockchain est en mesure de raccourcir drastiquement le processus de création d’entreprises en Suisse. Matières premières Le négoce de matières premières se prête également à l’automatisation permise par la blockchain. Spécialiste du secteur, l’entreprise Louis Dreyfus Company a ainsi testé une plateforme blockchain pour numériser la vente d’un chargement de soja à la société Shandong Bohi, ainsi que son transport des Etats-Unis en Chine. L’entier du processus, du contrat de vente à la vérification du chargement, en passant par l’émission et la confirmation de la lettre de crédit par les banques ou encore le contrôle sanitaire, a été numérisé dans la blockchain et automatisé via des contrats intelligents. Les participants se sont appuyés sur la plateforme blockchain Easy Trade Connect – mise au point par les banques ABN Amro, ING et Société générale – destinée au commerce de matières premières et déjà employée pour un transport de pétrole en février 2017. CIO de Louis Dreyfus Company et basé à Genève, Guy-Laurent Arpino explique que ce proof-ofconcept a permis de mieux connaître le fonctionnement du système blockchain dans la perspective d’une mise en production. Création de la Swiss Blockchain Association A l’image de certains des projets décrits ci-dessus, les entreprises suisses souhaitant tester la blockchain ont l’opportunité de collaborer avec de nombreuses start-up locales. Pour œuvrer au développement de cet écosystème et faire du pays un hub leader dans le domaine, une nouvelle association a vu le jour à Genève, à l’initiative de l’incubateur Fusion. Soutenue par l’Etat de Genève et la Fongit, la Swiss Blockchain Association compte parmi ses membres des entrepreneurs et dirigeants de la Suisse entière. Dont des représentants de Temenos, SaxoBank, Swisscard, Investis, Mobilière et Polytech Ventures. Selon IDC, les investissements en solutions basées sur la blockchain doubleront en 2018. Publicité LE PLEIN CONTRÔLE SUR VOTRE ENTREPRISE! Avec le standard suisse de la comptabilité La solution Cloud pour les PME et les fiduciaires www.ictjournal.ch © netzmedien ag www.sage50extra.ch Février 2018