ICTjournal février 2018

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26 infrastructure

26 infrastructure start-up US Ces start-up US qui innovent dans le stockage de données En reportage dans la Silicon Valley, ICTjournal a découvert la diversité de l’offre proposée par des start-up qui misent sur le marché du stockage et de la gestion de données. Petit tour d’horizon, de Hedvig à Rubrik, en passant par des fournisseurs d’appliances physiques. Yannick Chavanne Sur ce créneau, la jeune pousse à succès Rubrik, en pleine croissance, se voit comme «le pont entre les infrastructures cloud et traditionnelles», selon les propos de son CEO Bipul Sinha. Cotés fournisseurs de cloud public, Rubrik collabore avec Microsoft et Amazon. Mais aussi désormais avec Google: depuis la mise à jour 4.1 de sa plateforme, la start-up supporte les fonctionnalités d’archivage, de réplication, de recherche et d’analyse de données pour Google Cloud Platform (fonctionnalités qui étaient déjà proposées pour AWS et Azure. Jeff Erramouspe (à gauche), CEO de Spanning, et Avinash Lakshman, CEO de Hedvig. * Notre rédaction a participé à l’IT Press Tour en décembre dernier. Ce séjour dans la Silicon Valley a permis à 14 sociétés américaines de présenter leurs activités à un groupe de journalistes européens. Le vol et l’hôtel sont financés par les entreprises. La Silicon Valley ne fourmille pas seulement de start-up se rêvant en prochain disrupteur à faire les gros titres. Entre San Francisco et San José, de nombreux éditeurs et fabricants se consacrent à innover dans un domaine a priori moins sexy mais inséparable de toute transformation digitale: les solutions et infrastructures de stockage. En reportage dans la région dans le cadre de l’IT Press Tour* au mois de décembre, la rédaction a pu constater que malgré l’avènement du cloud, des sociétés californiennes continuent de miser sur la vente de serveurs physiques. C’est par exemple le cas de Vexata et de sa baie de stockage 100% Flash promettant un minimum de latence. Ou du fabricant Panasas, qui se spécialise dans les infrastructures de stockage adaptées aux applications commerciales tirant profit du calcul à haute performance (HPC). Quant à la firme IXSystems, elle se démarque en s’appuyant sur le système open source FreeNAS, pour proposer des appliances de stockage assemblées dans ses locaux californiens. Rubrik, une pépite du data management en plein essor D’autres start-up californiennes misent sur le marché du stockage en mettant en avant leur capacité à répondre aux besoins des environnements hybrides et multicloud. Hedvig, plateforme de stockage distribué pour les DevOps Spécialisée dans les solutions de stockage «software defined», la start-up Hedvig fournit une plateforme de stockage pilotée par API et agnostique vis-à-vis de l’infrastructure. Selon les dires du CEO Avinash Lakshman, cette plateforme de stockage distribué est idéale dans le cadre d’une approche DevOps. La solution, qui s’utilise aussi bien pour le stockage des données primaires que secondaires, gère en outre toutes les charges de travail (fichiers, blocs et objets). Elle supporte aussi les containers et technologie associées, dont le duo en vogue Docker-Kubernetes. Hedvig a déjà su séduire plusieurs clients du Fortune 50. Spanning, sauvegarde en mode «cloud-to-cloud» Egalement rencontrée par ICTjournal à l’occasion de l’IT Press Tour, la start-up texane Spanning met au point des solutions de backup d’applications SaaS. Plus précisément, des solutions de sauvegarde et restauration en mode «cloud-to-cloud». Le backup des données de G Suite, Salesforce et Office 365 que la start-up se propose de prendre en charge repose ainsi sur une plateforme cloud public. «On fait appel à AWS, c’est profitable et les nouvelles fonctionnalités livrées en permanence rendent nos services toujours plus performants», a confié le CEO Jeff Erramouspe. Avant de préciser travailler à rendre les solutions de Spanning totalement conformes aux exigences imposées par la RGPD (la nouvelle réglementation européenne en matière de protection des données) qui entrera en vigueur dans quelques mois. Février 2018 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

expérience utilisateur 27 Fausse alerte au missile à Hawaï: un désastre UX Conséquence d’une erreur humaine, la fausse alerte au missile qui a créé la panique à Hawaï à la mi-janvier est surtout due à une interface technique mal conçue. Deux experts romands en design UX livrent leur analyse. Yannick Chavanne La récente fausse alerte au missile à Hawaï illustre à quel point la mauvaise conception d’une interface utilisateur peut, dans certains cas, avoir des conséquences fâcheuses. En l’occurrence rien de dramatique, mais tout de même un élan de panique dont les habitants de l’archipel se seraient bien passé. Rappel des faits: samedi 13 janvier, les habitants de Hawaï recevaient sur leur téléphone portable une notification alarmante: «Menace de missile balistique en direction de Hawaï. Mettez-vous immédiatement à l’abri. Ceci n’est pas un exercice.» Une menace finalement non avérée, l’alerte ayant été envoyée par erreur dans le cadre d’un test de l’Emergency Management Agency (HEMA), l’agence hawaïenne en charge de la gestion des urgences. La manœuvre ne prévoyait pas d’envoyer une réelle alerte mais simplement de tester la procédure d’envoi en interne. Mauvaise option sélectionnée Un porte-parole de l’agence HEMA a par la suite reconnu qu’une erreur humaine était en cause: un opérateur avait par mégarde sélectionné la mauvaise option sur l’interface du système informatique d’envoi d’alertes. Des copies d’écran diffusées par plusieurs médias américains ont été qualifiées de «représentations acceptables du système» par le porte-parole de l’agence. L’opérateur a apparemment cliqué sur un lien libellé «PACOM (CDW) - State Only» plutôt que sur le bon lien servant à tester le système, «Drill - PACOM (CDW) - State Only», listé un peu plus bas. soupçonne qu’ici, aucune démarche UX itérative n’a été menée avant le déploiement en conditions réelles. Fondateur de :ratio, agence lausannoise spécialisée en expérience utilisateur, Simon Farine relève lui aussi l’importance de mettre en place une demande de confirmation de l’action, pour des interactions potentiellement critiques. Une procédure qui peut si besoin être plus contraignante qu’une simple validation par clic, ajoute l’expert, citant l’exemple de l’outil de gestion de newsletters Mailchimp: «S’il souhaite supprimer un template ou une liste de destinataires, l’utilisateur doit alors confirmer sa demande en tapant Delete dans un champ de texte.» Simon Farine souligne en outre que pour une liste de choix, il convient d’utiliser des termes très discriminants pour les intitulés: «Il faut également que chaque intitulé commence par des termes discriminants pour que l’utilisateur fasse clairement la distinction entre les différentes options.» A la lumière de cet exemple plus qu’éloquent de «désastre UX», il n’y a qu’à espérer que les interfaces de commande des missiles nucléaires américains et nord-coréens soient conçues dans les règles de l’art… Les experts UX relèvent l’importance de mettre en place une demande de confirmation de l’action, dans le cas d’interactions potentiellement critiques. Le 13 janvier, les habitants de Hawaï ont reçu l’alerte: «Menace de missile balistique». Le point de vue d’experts romands en design UX L’opérateur à l’origine de l’erreur n’a visiblement pas été aidé par la conception de l’interface du système. Consultante UX chez Wide Agency à Genève, Camille Palma livre pour ICTjournal son analyse sur cette affaire. La spécialiste confie que plusieurs principes n’ont probablement pas été respectés. Dont ceux relatifs au guidage et à la prévention/correction des erreurs: «L’utilisateur doit comprendre clairement ce qu’il peut faire et comment il peut le faire. Il doit aussi pouvoir interrompre, corriger, annuler ses actions.» Pour Camille Palma, au-delà des problèmes strictement liés à l’interface utilisateur (UI), ce cas montre que la démarche de conception était mauvaise. La spécialiste www.ictjournal.ch © netzmedien ag Février 2018