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ICTjournal mai 2020

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26 dépenses IT L’IT

26 dépenses IT L’IT n’échappe pas au frein à la dépense opéré par les CFO L’informatique n’a pas échappé aux coupes financières opérées ces derniers mois dans les entreprises. Sur l’année 2020, l’évolution des budgets IT dépendra du domaine. On dépensera plus dans le cloud que dans les terminaux, et plus dans le secteur public que dans le tourisme. Rodolphe Koller Face au confinement et au ralentissement soudain de l’activité économique, les responsables financiers ont répondu en gelant les dépenses et en coupant les budgets, selon une enquête réalisée début avril par Gartner auprès de plusieurs centaines de CFO. Projets reportés, dépenses en consultants gelées Les responsables financiers ont pris des mesures pour améliorer leurs liquidités et diminuer les dépenses là où il est possible de réaliser des quick wins. Selon le sondage de Gartner, plus de la moitié des organisations ont gelé les embauches et annulé leur participation à tous les événements et autres conférences. Certaines mesures ont aussi touché le domaine IT. De nombreuses entreprises ont reporté les investissements prévus et décalé le règlement de leurs fournisseurs. Plus spécifiquement, les dépenses en conseil et en soustraitant ont été gelées dans un quart des organisations et les déploiements technologiques repoussés dans 20%. Rares en revanche sont les entreprises à avoir annulé tout bonnement leurs contrats de services. RÉDUCTIONS DE COÛTS DÉJÀ MISES EN ŒUVRE gel des embauches annulation des conférences gel des voyages décalage des investissements CAPEX gel des dépenses en consultants et sous-traitants report du paiement des fournisseurs report de déploiements technologiques on-premise coûts immobiliers (fournitures, AC) réduction du personnel gel du marketing sur les réseaux sociaux contrat annulé avec des prestataires de services 0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50 55 60 Source: Gartner, CFO Actions in Response to COVID-19, semaine du 30.03.2020 (N=317) Budgets: le marketing plus touché que l’IT A ces initiatives avec effet immédiat s’ajoutent des mesures budgétaires. Un quart des CFO anticipe de passer à des budgets base zéro en raison de la crise. Selon l’enquête de Gartner, 60% des organisations prévoient de couper dans leurs frais généraux (SG&A). Première concernée, la fonction marketing devrait voir son budget baisser de plus de 10% dans une entreprise sur trois. Les organisations sont moitié moins nombreuses à envisager des diminutions budgétaires de cette ampleur dans l’IT ou les RH. Certains analystes augurent même d’une accélération des projets de numérisation. Une chose est sûre, l’évolution des budgets IT dépendra des branches. Les dépenses des organisations actives dans le tourisme, les loisirs ou le transport aérien accuseront sans doute de fortes baisses, mais c’est un marché réduit. Davantage consommateurs de solutions et services IT, les secteurs du commerce et de l’industrie devraient réduire leurs investissements, mais dans une moindre mesure, selon IDC. Certaines branches, comme les services professionnels, les administrations publiques et les acteurs de la santé pourraient même voir leurs dépenses IT augmenter. Impact sur le marché IT Au total, selon les prévisions d’IDC, les marchés IT européens et mondiaux devraient se contracter d’environ 5% en 2020. Les fabricants d’ordinateurs et autres terminaux devraient voir leurs revenus reculer fortement. La baisse devrait être moindre pour les éditeurs de logiciels et les prestataires de services, tandis que le marché des infrastructures devrait progresser – rappelons que les analystes incluent le cloud dans cette catégorie. Les fournisseurs suisses n’y échappent pas. L’indice TIC publié par Swico a chuté à 66,2 points en avril, soit une baisse de 44% par rapport à l’année précédente. Directrice de l’association faîtière du secteur IT suisse, Judith Bellaiche se veut toutefois optimiste: «Je suis convaincue qu’en termes de passage au numérique, la Suisse ne sera plus la même après la crise du coronavirus. Et cela profitera au secteur des TIC à moyen et long terme». mai - juin 2020 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

transformation 27 Transformation accélérée pour un monde numérisé et incertain Les entreprises les plus numérisées ont mieux traversé la crise et les technologies seront très sollicitées pour répondre au monde numérisé et incertain qui s’annonce. Les initiatives autour de la data, les offres as-a-service et les projets d’automatisation vont gagner en importance. Rodolphe Koller Après l’orage de la pandémie et la léthargie économique du confinement, c’est une reprise remplie d’incertitudes qui attend les entreprises. Dans beaucoup de secteurs, c’est l’informatique qui a permis aux opérations et aux affaires de se poursuivre cahin-caha. Selon les premiers résultats d’une enquête de l’IMD, les entreprises les plus mûres en matière de numérique ont mieux affronté la situation. Beaucoup s’accordent que la transformation numérique sera également la clé pour ce qui vient. Un environnement plus numérisé et plus incertain Pour de nombreux employés, ce printemps a été l’occasion d’inaugurer le télétravail avec plus ou moins de bonheur et de productivité. Il a aussi été l’occasion pour de nombreux clients de se frotter intensivement, voire pour la première fois, avec l’e-commerce et les canaux de contact numériques. Ces expériences faites dans l’urgence laisseront des traces et profiteront à l’adoption des outils digitaux. S’il sera sans doute plus numérisé, l’environnement qui se dessine sera surtout très incertain. D’abord, la situation de déconfinement affectera la prévisibilité des capacités en personnel tant à l’interne que chez les fournisseurs et dans toute la chaîne logistique, d’autant plus si elle est internationale. Ensuite, les préférences et canaux de consommation privilégiés par la clientèle évolueront et ne ressembleront peut-être plus à ce qu’a connu l’entreprise. Enfin, l’incertitude concernant la dynamique de la reprise dans chaque secteur et dans chaque pays compliquera la planification financière avec des conséquences sur les coûts et les investissements. Transformation revisitée L’informatique renferme bien des atouts pour répondre à la nouvelle donne. Les nouvelles priorités numériques des entreprises vont cependant chambouler l’agenda IT. Côté coûts, des projets seront sans doute gelés ou abandonnés. A moins qu’ils ne soient à bout touchant, beaucoup de projets de refonte et de remplacement pourraient en faire les frais. A l’inverse, des initiatives gagneront en importance, soit par ce qu’elles répondent aux enjeux immédiats (protection des collaborateurs, pérennisation et sécurisation du télétravail, e-commerce et points de vente «sans contact»), soit parce qu’elles concernent le développement des capacités nécessaires à l’environnement incertain qui émergera. Trois domaines techniques conjuguant plusieurs avantages pourraient ainsi devenir prioritaires. 1. Données, analytics, IA Un monde davantage numérisé produira nécessairement plus de data. De l’expérience employé à l’expérience client en passant par la supply chain, ces données contribueront à orienter les décideurs et à réduire l’incertitude pesant sur le marché et l’environnement. Actualisées, elles serviront aussi à façonner des algorithmes adaptés à la nouvelle situation, voire à créer de nouvelles offres. 2. Cloud et IT-as-a-Service Les entreprises l’ont constaté ces dernières semaines: le recours à des solutions cloud a simplifié les opérations en télétravail. Outre la résilience, le cloud et les services managés permettront aussi de déployer les spécialistes IT sur d’autres chantiers, et de financer les capacités au plus près des besoins fluctuants. 3. Automatisation et self-service L’automatisation des processus et le self-service permettront d’opérer avec des capacités réduites et de gagner en efficience, y compris dans l’IT. Comme on a pu le voir dans les opérations sanitaires, robots, RPA, chatbots et autres contribuent aussi à la résilience et réduisent l’exposition du personnel. Image: Ruiyang Zhang / Pexels «Comme après la crise financière de 2008, les organisations vont devoir remplacer leurs modèles et réévaluer leurs données en raison des changements économiques et structurels massifs provoqués par la pandémie.» McKinsey,«The COVID-19 recovery will be digital: A plan for the first 90 days» www.ictjournal.ch © netzmedien ag mai - juin 2020