ICTjournal octobre - novembre 2020

18 Apple investit dans

18 Apple investit dans la construction de deux des plus grandes éoliennes terrestres du monde près de la ville danoise d’Esbjerg. Les GAFAM sont les plus gros acheteurs d’énergies vertes Les GAFAM ont multiplié les annonces autour de leurs initiatives pour préserver l’environnement, de la construction de fermes éoliennes aux objectifs de neutralité carbone. Les géants de la tech sont en outre les plus gros acheteurs d’énergies renouvelables. Yannick Chavanne Les hyperscalers consomment environ la moitié de l’approvisionnement mondial en énergies renouvelables. Sur la côte danoise, près de la ville d’Esbjerg, vont bientôt se dresser deux éoliennes géantes. Les structures ne feront pas moins de 200 mètres de haut et généreront 62 gigawattheures par an. De quoi alimenter près de 20 000 foyers. Mais cette énergie servira avant tout à alimenter un datacenter qu’Apple possède environ 140 km plus au nord. La marque à la pomme a investi dans ces éoliennes pour compléter sa production d’énergie renouvelable au Danemark, où elle a déjà fait construire un vaste parc photovoltaïque. Situé à Viborg, le datacenter en question fait 45 000 mètres carrés et contribue à faire tourner l’App Store, Apple Music, iMessage, Siri et d’autres services en Europe. A l’aide de ces investissements dans les énergies vertes, la firme fondée par Steve Jobs compte parvenir à la neutralité carbone pour l’ensemble de ses activités et de sa chaîne d’approvisionnement à l’horizon 2030. Rappelons que le terme «neutralité carbone» signifie que la part de consommation d’énergies fossiles est compensée par des investissements en énergies vertes (achats d’énergie décarbonée ou de crédits carbone, par exemple). Google a acheté pour 2,7 gigawatts d’énergie propre en 2019 Apple indique alimenter aujourd’hui tous ses centres de calcul avec 100% d’énergie renouvelable. La firme fait néanmoins figure de petit poucet face aux autres GAFAM. Il faut dire qu’en la matière, les hyperscalers ont placé la barre très haut et se distinguent comme les entreprises qui investissent le plus dans l’énergie solaire et éolienne, indiquent les chiffres de BloombergNEF relayés par l’Agence internationale de l’énergie (AIE). En 2019, c’est Google qui faisait nettement la course en tête avec l’achat sur douze mois de 2,7 gigawatts (GW) d’énergie propre. Soit plus du double de Facebook, deuxième avec 1,1 GW. Suivent Amazon (0,9 GW) et Microsoft (0,8 GW). Ces dernières années, les hyperscalers consomment environ la moitié de l’approvisionnement mondial en énergies renouvelables, observe l’AIE. Qu’elles soient alimentées ou non par de l’énergie verte, les infrastructures hyperscale des leaders du cloud, moins énergivores que les plus petites infrastructures, ont permis d’éviter que les prédictions les plus pessimistes se vérifient. «Du ma- octobrenovembre 2020 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

Green IT datacenters 19 Ferme solaire de Google. tériel informatique de plus en plus efficace et un basculement majeur vers des centres de données hyperscale ont contribué à maintenir les besoins d’électricité à un niveau stable, malgré la croissance exponentielle de la demande en services», analyse l’agence. Qui estime que pour l’année 2019, la consommation de tous les datacenters du monde a représenté un peu moins de 1% de la consommation globale d’électricité. Vers des datacenters zéro carbone partout et à tout moment Investir dans suffisamment d’énergie verte pour combler les besoins annuels en électricité ne signifie toutefois pas que les centres de données sont alimentés à 100% et en permanence par ces sources renouvelables. «L’énergie éolienne et l’énergie solaire sont des sources variables qui peuvent ne pas correspondre au profil de la demande d’un centre de données, et les achats d’énergie renouvelable peuvent se faire dans un réseau ou une région différente», précise l’AIE. Du côté de Google, on se montre d’ailleurs transparent sur son incapacité à pouvoir se passer, pour l’heure, de sources d’électricité non renouvelable. «Bien que nous achetions en moyenne suffisamment d’énergie renouvelable pour couvrir la consommation électrique de nos centres de données, cette moyenne est une moyenne annuelle. Ainsi, pour un centre de données particulier, à un moment donné, nous pouvons avoir trop d’énergie renouvelable, ou trop peu», explique le Suisse Urs Hölzle, vice-président des infrastructures chez Google, dans un communiqué récent dévoilant les plans de son employeur en matière écologique. Affirmant avoir atteint la neutralité carbone en 2007, le géant du web n’a pas l’intention de rester les bras croisés et compte bien faire tourner toutes ses opérations à l’énergie propre, partout et à tout moment. L’entreprise s’est engagée à y parvenir d’ici 2030. Comment? Il s’agira entre autres d’associer des sources d’énergie éolienne et solaire mais aussi d’utiliser davantage de batteries pour le stockage. «Nous travaillons également sur des moyens d’appliquer l’IA pour optimiser nos besoins et nos prévisions en matière d’électricité», précise Sundar Pichai, CEO de Google. Microsoft et Facebook affichent aussi leurs ambitions Les GAFAM semblent dans tous les cas s’être donnés le mot pour communiquer en tir groupé sur leurs engagements écologiques. Après Apple et Google sur leur plan de consommation d’énergie décarbonée, Microsoft s’est exprimé sur le succès du test de son datacenter immergé (lire page 20). La firme de Redmond a également fait part du renforcement de son partenariat avec Shell. Les deux entreprises comptent s’entraider pour atteindre leurs objectifs respectifs en matière de réduction d’émission carbone. En début d’année, Microsoft a annoncé viser une empreinte carbone négative d’ici 2030 et la compensation de l’intégralité du carbone émis depuis la création de l’entreprise d’ici 2050. Facebook a aussi annoncé il y a peu ses ambitions dans le domaine. Lui aussi parmi les plus gros acheteurs d’énergie verte au monde, le géant des réseaux sociaux affirme qu’il va atteindre dès cette année le niveau de zéro émission nette (neutralité carbone) pour ses activités, celles-ci étant en voie d’être alimentées à 100% par des énergies renouvelables. D’ici 2030, Facebook prévoit une neutralité carbone pour toute sa chaîne de valeur, ce qui englobera notamment les émissions de ses fournisseurs ou encore les déplacements de ses employés. Stabiliser la consommation des datacenters et les alimenter en énergie verte sont des initiatives louables. Mais il convient de rappeler qu’elles ne concernent qu’une partie des soucis environnementaux que suscite l’essor du numérique. Dont pour ne citer qu’elle, la pollution liée au processus d’extraction des métaux (terres rares, étain, cuivre, lithium, etc.) qui équipent les PC, smartphones, batteries, écrans mais aussi les éoliennes… «Nous travaillons sur des moyens d’appliquer l’IA pour optimiser nos besoins et nos prévisions en matière d’électricité.» Sundar Pichai, CEO de Google L’un des plus grands panneaux solaires de Scandinavie a été achevé au début de l’été pour alimenter un centre de données d’Apple. www.ictjournal.ch © netzmedien ag octobrenovembre 2020