ICTjournal octobre - novembre 2020

40 jobs salaires

40 jobs salaires Salaires dans l’IT en Suisse: stagnation et disparités élevées La nouvelle étude sur les salaires de SwissICT indique que ceux-ci sont stables. Pour certains métiers IT, l’écart salarial est important. Une enquête de Swiss Engineering indique de son côté que les informaticiens ont des salaires de départ élevés. Yannick Chavanne, René Jaun En Suisse, le salaire annuel médian des professionnels IT de niveau senior se situe à 126 000 francs. Image: Pixabay Les informaticiens actifs en Suisse gagnent cette année peu ou prou la même chose qu’en 2019. C’est ce qu’indique l’édition 2020 de l’étude sur les salaires ICT publiée par l’association SwissICT. Pour les emplois juniors, la médiane se situe à 80 000 francs par an. Elle est de 126 000 francs chez les professionnels de niveau sénior. Grosses différences au sein d’un même métier De fortes disparités salariales apparaissent dans certains des métiers les plus courants. Ainsi, la moitié des développeurs d'applications seniors gagnent entre 118 000 francs et 135 000 francs. Ils sont un quart à gagner moins que 118 000 francs, alors que les 25% restants bénéficient d’un salaire annuel supérieur à 135 000 francs. Chez les chefs de projet de niveau de compétences «Senior Expert», la fourchette de salaire concernant la majorité d’entre eux est encore plus importante et dépasse les 40000 francs. Les résultats de l’enquête de SwissICT, basés sur plus de 33 000 indications de salaires par 246 entreprises, font en outre ressortir d'importants écarts (jusqu’à plus de 200%) entre cadres dirigeants et fonctions opérationnelles. L’essor des fonctions agiles Les indications fournies dans le cadre de cette étude permettent aussi de rendre compte de l’évolution des pratiques au sein des départements IT, en examinant le nombre de salaires indiqués par métiers. Et de constater que l’essor des approches et méthodes agiles se précise. Parmi les 50 profils définis par SwissICT, celui de Scrum Master a le vent en poupe: par rapport à 2019, le nombre de professionnels occupant aujourd’hui cette fonction en Suisse a augmenté de plus de 50%. Concernant les Product Owners et les Ingénieurs DevOps, la hausse dépasse les 20%.«Les entreprises engagent de plus en plus souvent des Product Owners plutôt que des chefs de projet», constate SwissICT. Inspirés par l’approche de nombreux acteurs du digital, toujours plus de départements IT gèrent leurs applications ou même leurs données comme des produits plutôt que comme des projets. Les jeunes informaticiens gagnent plus que les jeunes architectes Une enquête récente de l’association professionnelle Swiss Engineering indique que les jeunes spécialistes en informatique sont très demandés sur le marché du travail en Suisse. Comparés aux architectes et autres ingénieurs, les jeunes spécialistes IT (jusqu’à 34 ans) gagnent plus. Un constat que l’association explique par la pénurie d’informaticiens, les qualifications insuffisantes des professionnels IT sur le marché de l’emploi et le manque de formations approfondies. En comparaison avec les autres métiers pris en compte, les jeunes architectes sont ceux qui peuvent espérer la plus forte augmentation de salaires au cours de leur carrière. Ce sont en revanche les jeunes ingénieurs industriels qui gagnent le plus, avec un salaire moyen de 94 000 francs par an. Globalement, le salaire des ingénieurs et des architectes se situe entre 92 000 et 145 000 francs par an. Il varie en fonction de la branche, du domaine d'activité, du niveau hiérarchique et de l’âge. Trois quarts des professionnels interrogés sont satisfaits de leur salaire. La flexibilisation du travail est en outre plébiscitée. L’enquête de Swiss Engineering montre que plus de 60% des grandes entreprises ont recours à l’horaire flexible, au travail à temps partiel et au télétravail. octobrenovembre 2020 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

Image: Pexels.com La Suisse va manquer de 36 000 informaticiens d’ici 2028 Les efforts pour lutter contre la pénurie d’informaticiens sont insuffisants, prévient l’association ICT-Formation professionnelle Suisse. Sans mesures supplémentaires, l’économie du pays connaîtra dans huit ans une pénurie de 35 800 spécialistes ICT. Yannick Chavanne Les efforts de la Suisse pour contrer la pénurie d’informaticiens sont insuffisants. Tous les deux ans, l’association ICT-Formation professionnelle Suisse livre ses prévisions concernant l’évolution attendue du marché de l’emploi concernant les technologies de l’information et de la communication (TIC). Selon l’édition 2020 de l’étude, quelques 117 900 spécialistes ICT supplémentaires seront nécessaires d’ici 2028. Or, les nouveaux diplômés et le nombre de professionnels qualifiés qu’il est possible de recruter à l’étranger ne suffiront pas à combler ce besoin. EVOLUTION DU MARCHÉ DE L’EMPLOI IT D’ICI 2028 Retraites 27’700 Emigration 35’800 Postes à remplacer 63’600 Changements structurels 26’200 Source: ICT-Formation professionnelle Suisse, 2020 Croissance économique 28’100 Postes à créer 54’300 Besoins supplémentaires brutes en spécialistes ICT 117’900 Vers une pénurie de près de 36 000 informaticiens en 2028 Aujourd’hui, la Suisse compte 242 600 personnes employées dans une fonction de spécialiste ICT (+50% en neuf ans). Dont près de 79400 développeurs, 31 400 analystes système, 15 300 ingénieurs système et 15 000 designers multimédia. D’ici 2028, près de 30 000 spécialistes prendront leur retraite et près de 36000 quitteront le pays. En parallèle, changements structurels et croissance économique impliqueront de créer 54 300 nouveaux postes dans les TIC. L’un dans l’autre, la Suisse aura donc besoin de 117’900 spécialistes en plus. L'association estime à 38’000 le nombre de diplômés qui entreront sur le marché de l’emploi d’ici 2028. En outre, 44000 professionnels qualifiés pourront débarquer de l’étranger. Verdict: si davantage d’efforts ne sont pas fournis pour améliorer les capacités de formation, la Suisse connaîtra dans huit ans une pénurie de 35800 spécialistes ICT. Aux entreprises d’assumer la responsabilité de former la relève Pour limiter la pénurie annoncée, les auteurs de l’étude appellent à prendre des mesures sans plus tarder. «L’immigration doit rester aussi simple que possible», confie à la rédaction Serge Frech, directeur d’ICT-Formation professionnelle Suisse. Outre l’amélioration des conditionscadres de l’immigration des spécialistes ICT, il convient de créer de nouvelles places d’apprentissage et d’investir dans la formation continue. Les TIC ne sont pas le seul secteur d’activité à devoir se sentir concerné. «La majorité des spécialistes ICT sont employés dans des secteurs très variés de l’économie et dans l’administration publique. Les entreprises de toutes les branches ainsi que l’administration publique doivent donc assumer la responsabilité de former une relève suffisante dans le domaine ICT», ajoute Serge Frech. Aujourd’hui, près de deux tiers des spécialistes ICT sont employés ailleurs qu’auprès de prestataires IT et d’entreprises télécoms. 38 000 informaticiens diplômés entreront sur le marché de l’emploi d’ici 2028. Insuffisant pour combler les besoins. www.ictjournal.ch © netzmedien ag octobrenovembre 2020