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ICTjournal septembre 2018

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40 DOSSIER Intelligence

40 DOSSIER Intelligence artificielle & privacy en collaboration avec Swisscom des pays meilleur marché n’est pas, pour beaucoup d’entreprises suisses, une option durable. Cependant, nous devons trouver un moyen de combler ce fossé, faute de quoi les entreprises suisses seront supplantées par la concurrence. Expertises démultipliées Si, toutefois, les spammeurs réussissent à multiplier leurs capacités, les entreprises suisses devraient pouvoir faire de même. Si nous utilisons l’IA pour multiplier les capacités de collaborateurs, nous serons en mesure de répondre aux futurs besoins de nos clients. Avec les dernières technologies d’IA, nous devrions nous mettre à la recherche de moyens permettant de saisir et de traiter de grandes quantités de données. L’IA peut à la fois identifier des modèles et générer des résultats. Elle permet, grâce à l’analyse ou à l’apprentissage automatique de prendre connaissance de représentations et de règles de décision, voire d’imiter le comportement humain. Il existe une différence importante entre «multiplier les capacités de collaborateurs grâce à l’IA» et «remplacer des collaborateurs grâce à l’IA». Je crois qu’il est important pour l’espace économique suisse d’utiliser l’IA pour démultiplier notre expertise. Les collaborateurs serviront de modèle à l’IA qui imite l’humain. Mais sans l’homme, l’IA n’est pas en mesure de fonctionner. J’imagine que, dans un futur proche, l’IA et les collaborateurs travailleront très étroitement ensemble. Ainsi, nous ne serons plus limités à « Dans un futur proche, l’IA et les collaborateurs travailleront très étroitement ensemble. » Michael Baeriswyl, Executive Vice President Data, Analytics & AI chez Swisscom quelques tâches par heure mais pourrons exécuter plusieurs milliers de tâches en une seconde. En d’autres termes: nous allons multiplier nos capacités dans l’intérêt de nos clients et nous comblerons le fossé entre les besoins croissants de la clientèle et nos capacités. Contrairement à certains, je pense que l’objectif principal de l’IA n’est pas la réduction des coûts. L’objectif principal doit être la croissance de l’entreprise. Par exemple, en utilisant l’IA chez Swisscom pour répondre à des requêtes de clients, réduire le nombre d’incidents de réseau ou éliminer des pannes, nous réduisons automatiquement les coûts. Mais il s’agit avant tout de croissance. Cela constitue une différence considérable. Pour Swisscom, j’envisage de numériser et de multiplier les meilleures et les plus importantes capacités de nos collaborateurs. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons répondre en continu aux exigences changeantes et croissantes de nos clients. Précisément ici en Suisse. Je suis convaincu que grâce à l’IA, nous continuerons d’avoir notre place dans cette économie. Je crois que ce modèle est également prometteur pour de nombreuses autres entreprises suisses. Nous ne devons pas voir dans l’IA une concurrence à nos services mais un multiplicateur de nos capacités. Grâce à elle, nous pouvons conserver les spécificités de la Suisse – la qualité et les particularités culturelles – qui nous rendent uniques. En sachant qu’il n’y aura plus de fossé entre les besoins croissants de la clientèle et nos propres capacités, nous n’aurons plus de raison de craindre les concurrents internationaux. Septembre 2018 www.ictjournal.ch © netzmedien ag

en collaboration avec Swisscom Intelligence artificielle & privacy DOSSIER41 «La numérisation ne pourra se faire qu’en préservant la confiance» RGPD, affaire Cambridge Analytica… la privacy est devenue une préoccupation centrale pour les entreprises. Responsable protection des données chez Swisscom, Nicolas Passadelis partage sa vision de la confiance et du respect des utilisateurs. Interview: Charles Foucault-Dumas Les problématiques éthiques posées par l’utilisation des données personnelles et les risques potentiels d’une utilisation malveillante de l’intelligence artificielle ont poussé des entreprises comme Google à mettre en place un codes de conduite fixant les limites de leur activité. Avez-vous fait de même? Nous avons mis en place un conseil d'éthique qui examine, au cas par cas, les utilisations de données qui soulèvent des questions éthiques. Par exemple, lorsque nous avons fourni des données de connexion et déconnection des cartes sim Swisscom à l’Office fédéral des routes pour qu’il puisse mieux face au trafic, le conseil a été saisi. Il a étudié le cas et vérifié que cela ne posait pas de problème. Par ailleurs nous avons entamé, avec le conseil d’administration, un processus de professionnalisation de cette démarche qui aboutira à la publication d’un cadre éthique d’ici la fin de l’année. Il définira les valeurs fondamentales auxquelles nous croyons et auxquelles nous pensons que nos clients croient. Ce dernier point est important car l’éthique pour l’éthique n’aurait pas de sens. Ce cadre doit faire savoir aux gens que nous prenons soin de leurs données. Comment satisfaire des clients qui veulent à la fois plus de personnalisation et plus de respect de leur vie privée? Ce paradoxe est intéressant. Il dépend de ce que l’on entend par «personnalisation». chaque individu appartient à des groupes: homme ou femme, classes d’âge, etc... Si nous savons par exemple, via une base de données anonymisées, que 65% des hommes en Suisse regardent au moins un match de la Coupe du monde de football, des produits ou services pourraient leur être proposés par des fournisseurs. Ces propositions seraient alors personnalisées à l’échelle d’un groupe anonyme et non au niveau de l’individu connu. En revanche, pour pouvoir offrir un service personnel à l’échelle individuelle nous devons informer l’utilisateur des données nécessaires à cette personnalisation et des éventuels tiers impliqués. A lui ensuite de valider ou non. Mais ces données anonymisées restent des données personnelles… Pas tout à fait. Une fois que les données personnelles sont anonymisées, elles ne permettent pas d’identifier l’utilisateur qui en est à l’origine. Dans notre espace client, ce dernier peut néanmoins nous indiquer qu’il ne veut pas que nous utilisions ses data à des fins statistiques via notre page dédiée à la protection des données. En cela, nous allons au-delà de ce qu’impose la loi puisque l'utilisation de données personnelles à des fins statistiques est permise par l'article 13 de loi sur la protection des donnée. Enfin, nos choix d’utilisation de données anonymisées sont toujours guidés par le bénéfice qu’en tirera notre client ou la société dans son ensemble. La numérisation ne pourra se faire qu’en préservant la confiance de nos clients. Êtes-vous en conformité avec le RGPD européen? Le RGPD s’applique à plusieurs de nos activités business. D’une part, pour certains services, nous avons des clients européens individuels et avons donc dû nous conformer au nouveau règlement. D’autre part, certains de nos clients commerciaux ont des clients européens individuels, et le RGPD indique que si votre entreprise à des clients européens, votre fournisseur d’accès doit se conformer à certaines exigences du RGPD. Pour l'instant, nos efforts se sont concentrés sur notre conformité dans ces deux cas. Mais nous comptons élargir son application à l’ensemble de nos services dès 2019, soit bien avant que la révision de la loi fédérale sur la protection des données ne nous y oblige. Nicolas Passadelis est Head of data governance chez Swisscom « Nous publierons un cadre éthique d’ici la fin de l’année » Nicolas Passadelis, délégué à la protection des données de Swisscom www.ictjournal.ch © netzmedien ag Septembre 2018